Les formations et ateliers Méta Doxas

Apprivoiser le chaos intérieur et extérieur au service de l'accomplissement individuel et collectif, à l'ère des polycrises, de l'hypercomplexité et de la post-vérité

Qu'est-ce qu'une polycrise ?

Conception introduite par le philosophe et sociologue Edgar Morin, la polycrise désigne une situation générale où plusieurs crises interconnectées et interdépendantes s'amplifient mutuellement pour former une crise générale. Les crises étant imbriquées, tenter d'en résoudre une sans traiter les autres simultanément ne produit généralement qu'un effet limité et temporaire. Une polycrise qui dure dans le temps nécessite une nouvelle façon de penser, capable de poser un regard neuf et de proposer de nouvelles solutions convergentes pour chacune des sous-crises qui la composent. On parle aussi de nouveau paradigme.

Quels sont les principaux éléments de la polycrise du monde moderne ?

— Crise spirituelle, du sens et des récits :

Les individus sont de plus en plus fragmentés, perdus, et ne parviennent pas à construire un récit cohérent, motivant et qui ne génère pas de divisions communautaires. Depuis la remise en question des grandes religions, de nombreuses alternatives ont été tentées. La sacralisation de l’État a conduit au totalitarisme et aux plus grandes guerres que l'humanité ait jamais connues. Le consumérisme a permis de chercher la satisfaction dans cette vie et non dans un hypothétique Paradis après la mort, mais il a aussi engendré la fuite dans l'hyperconsommation, la destruction des écosystèmes, de graves problèmes de santé publique tels que l'obésité et une fuite dans un hédonisme quasi-nihiliste : faisons-nous plaisir autant que possible avant de mourir.

La science a permis le progrès et le confort, mais n'apporte aucune réponse satisfaisante sur les questions métaphysiques et transcendantes : ce n'est pas son objet. Le scientisme tente de faire de la science un nouveau récit, mais en vient à nier purement et simplement toutes les dimensions non-objectivables de l'existence, et à réduire tout ce qui vit à des mécanismes froids, et toute l'action humaine à des logiques de rentabilité et d'optimisation. Le New Age propose un monde ré-enchanté, plus sensible, affectif, plus proche de la nature, mais évite toute forme de profondeur en créant une spiritualité « à la carte », favorise le communautarisme par excès de relativisme, et génère de l'ego spirituel et un rejet des apports de la modernité. Enfin, certains, souvent par dépit ou idéalisation du passé, se tournent à nouveau vers les traditions, l'autorité et les grandes religions, mais les solutions d'hier ne correspondent plus à un monde beaucoup trop connecté et qui va beaucoup trop vite.

— Crise écologique, énergétique et climatique

La surproduction sans respect des cycles et limites de l'environnement déséquilibre les écosystèmes et génère de plus en plus de pollution. La logique d'exploitation de la nature du monde moderne se retourne contre elle-même. Les monocultures créent des sols morts, inexploitables au bout d'un certain temps. La pollution aux microplastiques et aux perturbateurs endocriniens se retrouve dans nos eaux et dans notre nourriture et affecte notre santé. Nos ressources essentielles se raréfient et deviennent de plus en plus difficiles à extraire. Le climat est perturbé. Toute cette situation entraîne une fuite en avant technologique, mais sans remise en question plus profonde de notre mode général de fonctionnement. Sans bond qualitatif plutôt que quantitatif, elle ne fait que retarder l'atteinte de nos limites structurelles en amplifiant encore la crise dans la foulée.

— Crise cognitive et attentionnelle, post-vérité :

Sur-connexion, surcharge d'informations contradictoires, sur-stimulation, manipulation des émotions et des circuits de récompense par les algorithmes, bulles de filtres, culture de l'instantané. Les individus parviennent de moins en moins à différencier ce qui est important de ce qui est superflu et à se faire leur propre idée sur les évènements. Chaque nouvelle évolution technologique amplifie le phénomène. À l'heure des deepfakes et de la génération à partir de zéro de séquences entières, même les vidéos ne sont plus fiables. La distinction entre le vrai et le faux s'effondre, et l'éducation à l'esprit critique, le recoupement des informations, ou même la remontée aux sources ne sont que des rustines qui ne parviennent pas à contrecarrer les biais émotionnels. Et surtout, cette démarche devient rapidement intenable tant le discernement devient de plus en plus compliqué à exercer. D'une manière générale, les approches cognitives linéaires et mono-paradigmatiques deviennent obsolètes, et l'esprit humain n'est plus capable de traiter autant d'informations sans médiation technologique pour lui mâcher le travail.

— Crise du travail, des organisations et de la gouvernance :

Les anciens modèles d'organisation pyramidale sont trop rigides pour s'adapter à l'évolution rapide du marché et de la société en général. Les groupes, et les individus au sein des groupes, sont de plus en plus multiculturels, multi-idéologiques et polarisés. La pression à la rentabilité broie la créativité, les vocations et provoque des burnouts à la chaîne. Les nouvelles générations ne veulent plus autant consacrer leur vie à leur carrière et aspirent de plus en plus au bien-être et à l'épanouissement, ce que le monde du travail peine à intégrer. Les régimes politiques sont de plus en plus déconsidérés, les institutions de plus en plus pathologiques dans leur fonctionnement, et remises en question. Les lourdeurs administratives freinent l'émergence de solutions plus souples et adaptatives.

— Crise technologique

Les innovations technologiques sont plus rapides que notre capacité à les intégrer, à l'échelle individuelle, mais aussi au niveau social et culturel. Nous avons de plus en plus de puissance technologique, mais sans la montée en sagesse qui devrait accompagner cette montée en puissance. Il y a un risque réel de création d'une société de surveillance et de contrôle par ceux qui produisent et contrôlent les nouvelles technologies.

— Crise économique et accroissement des inégalités

Modèles économiques basés sur la croissance et la dette, insoutenables dans la logique actuelle et dans un monde où l'essentiel des ressources accessibles sont déjà exploitées. L'économie est fortement centralisée, l'impression monétaire de plus en plus pratiquée, la spéculation de plus en plus massive. Seule une toute petite partie de la masse monétaire relève de l'économie « réelle ». Le lobbyisme et les délits d'initié accentuent les crises et les perturbations, le pouvoir d'achat diminue, le temps de travail augmente, l'âge de départ à la retraite recule, le tout étant amplifié par le vieillissement de la population. L'écart entre les plus riches et les plus pauvres s'accentue, le travail se précarise, le chômage augmente, de nombreux métiers disparaissent via l'automatisation sans être forcément remplacés par de nouvelles activités.

— Crise géopolitique

Apparition de nouveaux grands blocs culturels irréconciliables, tensions économiques et stratégiques entre les différentes puissances, augmentation des conflits armés, regain de l'autoritarisme dans certaines régions du monde, diminution de la souveraineté, mais en même temps, incapacité des grands blocs à s'unir dans une logique gagnant-gagnant et à proposer des solutions globales pertinentes.

Accélération, hypercomplexité et hyperconnectivité mondiale, la vraie origine de la polycrise :

Ce n'est pas vraiment un hasard si toutes ces crises apparaissent maintenant, et avec une intensité qui va en s'accroissant. Lorsque les groupes humains étaient relativement séparés et homogènes, et qu'il restait encore de vastes étendues non-industrialisées à conquérir, les ressources naturelles semblaient illimitées.

J'ai déjà envie de clarifier deux points, après l'énonciation en apparence assez déprimante de cette longue liste de crises :

1 : Nous vivons dans un monde globalement beaucoup moins violent et plus confortable que ce que l'humanité n'a jamais connu. Et, aussi paradoxal que cela puisse sembler, la plupart des indicateurs continuent à tendre vers le mieux. Cela ne signifie pas nécessairement que les crises n'existent pas, mais globalement, nous ne nous y adaptons pas si mal. Surtout, une partie de la pénibilité vécue est probablement plus d'ordre psychologique et spirituel.

2 : Énormément de problèmes existaient déjà dans le passé, et étaient souvent bien pires. Par exemple, nous n'avions pas de crise des récits, car l'intolérance envers les récits contradictoires était souvent telle que, lorsque deux récits se percutaient, cela donnait lieu à des guerres si les camps étaient d'une force à peu près équilibrée, ou à des logiques d'extermination ou de mise en esclavage si une force dominait l'autre. De nombreuses crises s'expliquent en partie par le simple fait que nous sommes devenus profondément intolérants à des formes de violence et de coercition qui, auparavant, étaient complètement banalisées. Et il me semble que c'est une excellente chose !

La situation est en réalité assez simple : l'apparition de la science moderne et de l'industrialisation a permis la création d'un confort que l'humanité n'avait jamais connu avant. Elle a favorisé son expansion, sa multiplication et son accaparement d'un maximum de niches écologiques. Tout est devenu plus rapide, plus connecté, plus mondialisé, plus interdépendant.

Ce phénomène s'appelle l'accélération. Il existe tout un courant de pensée accélérationniste qui cherche à comprendre le phénomène et à décrire comment nous pourrions nous y adapter. Tout semble indiquer qu'en réalité, ce processus serait aussi ancien que le commencement de l'univers lui-même : des premiers atomes dans la « soupe primordiale », tout ce qui constitue l'univers s'est progressivement amalgamé, par un nombre inimaginable d'essais et d'erreurs, jusqu'à former des structures de plus en plus complexes. Les sociétés humaines modernes ne représentent qu'un certain stade de ce phénomène, et il serait d'ailleurs très étonnant que ce soit le stade le plus avancé existant actuellement dans l'univers. Nous sommes simplement en train de franchir une nouvelle singularité à notre échelle ; une singularité que nous essayons encore de comprendre et à laquelle nous n'avons pas encore réellement réussi à nous adapter.

Toutes les crises actuelles peuvent se résumer à ce principe : ce qui, avant, était séparé et cloisonné est maintenant connecté. Et nos modèles actuels sont encore basés sur un monde qui, pour l'essentiel, n'existe plus. D'où ce sentiment de vertige, d'instabilité, de fatigue existentielle : nous avons perdu nos repères.

Heureusement, presque toutes les solutions sont déjà en train d'émerger !

Des pionniers, souvent atypiques, HPI, neurodivergents, bien plus conscients que la plupart des gens des absurdités du monde actuel (car ils en souffrent souvent le plus et avec le plus de lucidité), s'activent depuis déjà plusieurs dizaines d'années dans différents domaines. De vraies approches solides, adaptées au monde de l'hypercomplexité, ont déjà fait leurs preuves, souvent à petite échelle, et parfois même à des échelles plus vastes.

Mais la plupart de ces nouveaux acteurs travaillent dans leur coin, ne se connaissent pas ou peu les uns les autres, et utilisent un vocabulaire spécialisé que les autres ne connaissent pas. Ce qui manque encore le plus, c'est une vraie vision d'ensemble. Je consacre ma vie à la production de cette vision d'ensemble, et à faire en sorte que le réseau devienne conscient de lui-même.

C'est notamment ce qui m'a amené à produire une méta-théorie avec pour ambition de créer un vocabulaire commun pour toutes les nouvelles approches, et de décrire l'état d'esprit général et les compétences essentielles à développer pour résoudre la polycrise à la racine. C'est tout à fait à notre portée : il nous manque simplement le vocabulaire, la culture, les outils et les méthodes. Et j'insiste : quasiment tout a déjà été réglé, la principale chose qui n'existe pas encore (ou pas assez), ce sont les connexions entre les différentes solutions.

Je nomme cette méta-théorie : la Systémie de la Conscience !

Toutes, et je dis bien toutes les formations et ateliers Méta Doxas dérivent de cette théorie, ou s'y insèrent naturellement. J'ai cherché et formalisé les compétences individuelles et collectives qui seront les plus essentielles pour faire advenir et stabiliser le nouveau monde.

Clare Graves, le fondateur du modèle ECLET (ancêtre de la spirale dynamique), avait déjà pressenti l'arrivée de ce nouveau monde, et parlait de « quantum leap » (saut quantique) que l'humanité s'apprêtait selon lui à traverser. La plupart des spiraliens parlent du passage à la seconde boucle (ou second spire). Si, contrairement à ce qu'un certain nombre de personnes dans la communauté s'imaginent, le modèle est loin de tout décrire et d'être autosuffisant, je n'en ai en tout cas trouvé aucun autre pour l'instant qui décrit avec autant de justesse et de précision cette transformation absolument inédite que nous sommes en train de vivre collectivement.

Nous en sommes encore dans les toutes premières phases de la transition, mais il semble que nous soyons déjà trop engagés pour qu'une simple marche arrière soit encore possible. L'augmentation de l'hypercomplexité, qui n'est qu'un simple phénomène émergent de notre expansion technologique et culturelle, nous pousse naturellement dans cette voie avec de plus en plus d'insistance.

5 piliers cognitifs et culturels essentiels pour sortir de la polycrise

En explorant de très nombreuses approches s'inscrivant dans le paradigme méta-moderne, que j'estime en mesure de nous sortir de la polycrise, j'ai identifié cinq grands principes extrêmement récurrents et complémentaires, qui sont devenus les piliers de ma systémie de la conscience. Trois de ces principes fonctionnent comme une structure ternaire où chaque élément complète les autres : ce sont les invariants fondamentaux. Les deux derniers principes sont transversaux : ils viennent donner de la profondeur à l'ensemble en ajoutant une dimension horizontale et verticale.

Si le sens de certains termes vous échappe, vous pouvez vous référer aux définitions du lexique de la Systémie de la Conscience.

Si vous voulez appréhender la Systémie de la Conscience de façon plus approfondie et creuser le fonctionnement et les implications profondes des cinq piliers, vous pourrez les trouver dans mon e-book : Donner forme au chaos : introduction à la Systémie de la Conscience qui sortira bientôt.

D'une manière générale, si vous découvrez les approches de la complexité, vous n'allez probablement pas tout comprendre dès le départ ; c'est normal. Plusieurs ressources explicatives sont disponibles sur le site. Vous pouvez aussi vous référer aux articles du blog ou aux œuvres pour approfondir. De nombreuses explications plus approfondies sont aussi disponibles sur la chaîne Youtube. Si vous voulez apprendre à utiliser ces piliers de façon pratique dans votre vie, les formations sont là pour ça. Ne vous découragez pas : c'est normal d'être un peu perdu au début, vous entrez dans un nouveau paradigme !

Les invariants fondamentaux

— L'auto-organisation évolutive

Symboliquement reliée au cœur, l'auto-organisation évolutive décrit la façon dont les systèmes s'organisent dynamiquement et maintiennent leur structure et leur cohérence individuelle. Elle est au service d'une téléonomie ( un « tendre vers » ou une « raison d'être »), dans un univers chaotique où les influences externes viennent constamment challenger leur forme actuelle. Son énergie est directement reliée au Champ Nouménal, via les attracteurs systémiques, des forces invisibles qui orientent la mise en forme et le devenir des systèmes. Elle représente aussi la rencontre de l'espace et du temps.

Vous pouvez ainsi étudier la façon dont le corps humain régule sa température interne, mais aussi comment une chenille devient une chrysalide, puis un papillon, ou encore comment l'alternance des saisons permet de réguler les climats et les écosystèmes. On retrouve ainsi des principes de conservation de la forme (l'homéostasie) mais aussi de changements d'état irréversibles, ou encore de cycles.

Lorsque vous entendez parler de boucles de rétroaction positives et négatives, il s'agit d'une notion reliée à cet invariant. L'étude des boucles de rétroaction, c'est l'étude de la façon dont les cycles de renforcement ou de régulation maintiennent un équilibre ou, au contraire, précipitent un système vers un point de rupture. Un système fortement déstructuré est en crise ; si de nombreux systèmes globaux interconnectés sont tous en crise en même temps, il s'agit d'une polycrise. La réorganisation du système correspond à une sortie de crise, qui peut parfois prendre la forme d'une simplification (ou régression) en complexité. Ce n'est donc pas toujours un phénomène « positif » si l'on considère comme « positif » la capacité à régler de nouveaux problèmes sans en faire réapparaître d'anciens. Dans tous les cas, il n'est pas vraiment possible de penser les crises comme des phénomènes ayant leur propre cohérence, sans intégrer les principes de l'auto-organisation évolutive.

— Les polarités intégratives

Symboliquement reliées à l'esprit, les polarités intégratives désignent la façon dont les systèmes se structurent nécessairement autour de pôles fondamentaux entretenant une relation complexe : à la fois antagoniste, concurrente et complémentaire. C'est un principe qu'Edgar Morin désigne sous le nom de dialogique. La limite de son approche étant qu'il se contentait de décrire les interactions entre deux éléments opposés, là où le principe de polarités complémentaires est déclinable sur plusieurs bases numériques bases numériques (binarité, ternarité etc.), potentiellement à l'infini, chaque base numérique ayant des propriétés systémiquesdifférentes. Les polarités intégratives représentent aussi le temps, puisqu'elles manifestent l'alternance entre des processus.

Il est ainsi possible d'observer l'alternance politique entre la droite et la gauche comme relevant d'un équilibre dynamique dialogique entre deux fonctions vitales. La droite représente ainsi une fonction conservatrice et stabilisatrice qui permet au système de maintenir son homéostasie en préservant les modes de fonctionnement actuels, ou de chercher des solutions dans des approches déjà stabilisées, ce que l'on désigne habituellement comme de la pensée réactionnaire. Quant à la gauche, elle permet au système de s'adapter aux changements de son environnement, par une approche réformiste, ou parfois révolutionnaire, visant un changement de paradigme et une réorganisation générale du système, ce que l'on désigne habituellement comme la gauche révolutionnaire ou extrême-gauche.

Chaque individu a ses préférences politiques, sa spécialité et son focus particulier, lié entre autres à son histoire et ses spécificités. Les deux tendances ne peuvent par ailleurs pas s'exprimer simultanément sur un même objet : il n'est pas possible à la fois de conserver et de révolutionner un système au même instant et au même niveau d'échelle. Stephane Lupasco parlerait d'alternance entre la potentialisation et l'actualisation de chacun des pôles. Cependant, de la même façon qu'il n'est possible de respirer qu'en alternant inspiration et expiration, un système ne peut être viable sur le long terme que s'il oscille entre évolution et stabilisation. Une évolution permanente et incontrôlée mène à la déstructuration progressive, et, à terme, à l'atomisation des éléments constituant le système, et donc à sa mort. Un conservatisme extrême rend le système rigide, incapable de s'adapter aux changements de l'environnement, ce qui peut mener aussi à la mort du système par inertie. C'est en réalité l'équilibre dynamique entre les deux polarités qui permet la bonne santé du système. L'on peut voir dans cet exemple comment la diversité humaine harmonise « naturellement » les angles morts et les excès de chaque camp, « malgré eux ». Il semble y avoir une intelligence émergente des systèmes qui dépasse l'intelligence humaine, et qui génère de l'harmonie en dépit des oppositions et des crises.

Lorsque les polarités intégratives se déclinent en base ternaire, on parle alors d'approche structurelle, comme dans la trialectique et les approches dites « tête-corps-cœur ». Généralement, il est question d'articuler de façon dynamique un principe de désir ou d'idéal, une notion de contrainte ou de « réalité matérielle », et une dimension séquentielle ou processuelle qui permet de naviguer vers l'idéal en intégrant les contraintes. De nombreuses tensions structurelles apparaissent dans une organisation lorsque les différents pôles, ayant des priorités différentes, ne parviennent pas à harmoniser leurs besoins et contraintes.

Si l'on rajoute encore des polarités dans l'analyse, il est possible de passer à des approches cycliques avec une base 4, et évolutives avec une base 5. Quant au modèle de l'ennéagramme, abordé dans son versant systémique, il représente une base 9, c'est-à-dire une base 3 dont chaque pôle est lui même ouvert en base 3. On parle alors de modélisation fractale, produit de l'interaction entre l'invariant polarisé intégratif et l'invariant holarchique. Tout système respecte nécessairement ces structures fondamentales de l'existence, et plus un système est en « bonne santé », plus ses polarités sont harmonisées, non pas dans une stabilité illusoire qui ne serait qu'une rigidité, mais dans un équilibre dynamique métastable. Aucune base numérique ne domine sur les autres, elles coexistent toutes en même temps dans tout système. Le choix d'une base dépend du mécanisme complexe spécifique que l'on souhaite étudier.

— les structures et interfaces

Symboliquement reliées au corps, les structures et interfaces traitent de l'identité des systèmes et de leurs frontières, c'est-à-dire la zone de transition, la membrane poreuse où le « moi » s'arrête et où « l'extérieur » commence. C'est ce que le monde de la spiritualité nomme souvent l'ego. C'est « l'Être ici et maintenant ». L'énergie de cet invariant est directement reliée au Monde Phénoménal et à la matière. Il représente l'espace, car c'est le seul des cinq invariants qui permet de « cartographier spatialement » des systèmes en fonction de leur position dans un plan en trois dimensions, à un instant donné.

Cela s'applique tout aussi bien pour les objets d'étude généralement considérés comme « non-matériels », comme les structures psychologiques ou les cultures. L'approche thérapeutique des constellations systémiques, par exemple, parvient sans difficulté à représenter les structures et interfaces via des entités psychiques, qu'il s'agisse de « papa et maman intérieurs » ou de « la peur de manquer ».

Cet invariant s'intéresse aux zones d'ingérence légitime, aux règles locales et à la façon dont certains éléments (par exemple des informations), peuvent transiter ou non d'un système à l'autre en franchissant leurs frontières. Il est fortement représenté dans l'holacratie, un modèle de gouvernance en holons indépendants et complémentaires, à différents niveaux d'échelle. Il est aussi présent implicitement lorsqu'il est question d'analyse micro, méso ou macro. On parlera d'holarchie d'échelle si les différents niveaux d'analyse sont étudiés dans leurs interactions ; c'est le moment où l'invariant « structures et interfaces » rencontre l'invariant holarchique.

Herbert Simon, dans son article « the architecture of complexity », donne l'exemple des échanges thermiques dans un bâtiment entre différentes pièces dont les murs servent d'isolant imparfait. L'étude de la façon dont la chaleur se transmet d'une pièce chauffée à une pièce avoisinante non-chauffée, puis, à terme, à toutes les pièces du bâtiment, est un exemple d'application de cet invariant. Ce petit jeu, créé par Nicky Case, permet d'en observer l'application dans le cas de la transmission culturelle entre différentes communautés humaines, ce qui peut permettre de comprendre, entre autres, les phénomènes de mode : voir son site.

La compréhension des phénomènes d'interaction entre un système et son entourage via des frontières, y compris à différents niveaux d'échelle, permet de comprendre par exemple comment un individu est à la fois une singularité propre et irréductible, et le produit de son environnement et de sa culture. Ces deux principes ne s'annulent qu'en apparence. De la même façon, une culture est à la fois une entité propre distincte des individus qui la composent, et une synthèse émergente de l'identité de chaque individu intégré à celle-ci.

Les invariants transversaux

— l'holarchie

L'approche holarchique permet d'étudier la façon dont les systèmes complexes gagnent en générativité, en interconnectivité et adaptatibilité. Il s'agit d'une approche verticale des phénomènes : certaines structures sont objectivement plus complexes que d'autres. Ce point fait souvent polémique ; cependant, il est crucial de distinguer l'approche holarchique des approches hiérarchiques classiques.

Premièrement, les holarchies sont des hiérarchies de complexité et de fonctionnalité, là où les hiérarchies classiques sont souvent soit de pures hiérarchies de valeurs (positionner subjectivement ce que l'on préfère au dessus), soit des hiérarchies de performance contextuelles. Ces dernières deviennent inopérantes dès lors que l'on change de cadre. Par exemple, les performances d'un combattant de MMA en un contre un sans armes sur un ring ne prédisent en rien ses capacités sur un terrain militaire moderne.

Deuxièmement, les holarchies reposent sur deux principes essentiels : transcender et inclure. Transcender signifie s'émanciper du cadre précédent en le dépassant. Par exemple, la phénoménologie établit tout ce qui se produit est un phénomène de conscience, y compris les modèles scientifiques. La psychanalyse, de même, met en évidence que nos récits sur le monde sont des rationalisations issues de notre inconscient et de nos refoulements, y compris les modèles scientifiques, à nouveau. Le problème de ces approches, c'est que, dans la plupart de leurs formulations, elles n'incluent au mieux que partiellement la méthode scientifique classique. Il y a des points de recoupement et de divergence, mais aucun des systèmes ne peut vraiment englober les autres. Le paradigme de la complexité, en revanche, dans la plupart de ses formulations, permet non seulement d'inclure la méthode scientifique classique, mais aussi la phénoménologie et la psychanalyse.

Il est important de comprendre que la nécessité d'inclusion implique une contrainte structurelle : les niveaux plus complexes sont systématiquement plus vulnérables que les niveaux moins complexes, même si cela peut sembler paradoxal. Ces derniers servent de fondations ; ils peuvent subsister sans les niveaux plus complexes, mais s'ils s'effondrent, les niveaux plus complexes s'effondrent avec eux.

L'approche holarchique permet donc d'établir des cartographies des systèmes qui transcendent et incluent d'autres systèmes. Un paradigme capable de nous sortir de la polycrise du monde moderne doit inclure les apports de la modernité tout en parvenant à les transcender. C'est à cette condition seulement que nous pourront réellement la dépasser.

Toute apparition d'un nouveau niveau d'une holarchie repose sur le principe d'émergence : de nouvelles structures et de nouveaux phénomènes apparaissent de façon soudaine et spontanée, sans qu'il soit possible de les anticiper en observant simplement les dynamiques actuelles. La métaphore du saut quantique est souvent utilisée, car il n'y pas de progressivité dans l'émergence : c'est donc un processus non-linéaire.

Une holarchie peut être une holarchie d'échelle, lorsqu'elle rencontre le pilier « structures et interfaces ». L'émergence implique alors l'apparition d'un système plus vaste et comportant plus d'éléments que les systèmes moins complexes. Dans l'organisme humain, l'organe transcende et inclut la cellule, et l'organisme transcende et inclut l'organe.

Une holarchie peut être une holarchie d'organisation lorsqu'elle rencontre le pilier « auto-organisation évolutive ». L'émergence est alors qualitative et dynamique. La réorganisation des fonctions peut avoir comme conséquence la suppression ou la réassignation de certains éléments du système et de certaines connexions. Il est donc possible qu'un système possédant moins d'éléments et de connexions qu'un autre soit pourtant plus complexe sur le plan organisationnel. Les stades du développement de l'enfant chez Piaget sont un bon exemple d'holarchie d'organisation, avec le stade sensorimoteur, puis préopératoire, puis celui des opérations concrètes, et enfin le stade des opérations formelles.

Une holarchie peut être une holarchie fractale lorsqu'elle rencontre le pilier « polarités intégratives ». L'émergence est alors dialectique et processuelle. Elle décrit la façon donc les systèmes font interagir leurs zones de cohérence locale d'une façon plus ou moins synergique. Cela a un impact sur la nature et la rapidité de succession de différents états, et donc sur les cycles systémiques. Ce type particulier d'holarchie étant moins développé et systématisé dans la littérature de la complexité, je vais en donner des exemples issus de mes propres travaux. Ainsi, une organisation d'équipe basée sur l'émulation collective (ou coopétition) transcende et inclus les approches basées sur la coopération ou la compétition. En spirale dynamique, on peut cartographier différents niveaux d'holarchie fractale pour chaque niveau de la spirale. Le niveau Rouge gère la polarité entre les dynamiques dominant/dominé. Le niveau Bleu transcende cette logique via la structuration d'un ordre moral pour lutter contre le chaos généré par le système précédent. On a donc : ordonné/chaotique. Le niveau Orange transcende la rigidité de l'ordre Bleu via la recherche d'optimisation et l'opposition efficace/inefficace. Le niveau Vert transcende la compétitivité et la déshumanisation Orange par l'intégration des plus vulnérables et laissés-pour-compte, et la mise en avant de valeurs personnelles non-basées sur la performance, d'où une opposition inclusif/discriminant. Le niveau Jaune lui, valorise le dissensus constructif et les frictions fécondes, et pour pouvoir dépasser les blocages systémiques des niveaux précédents, s'appuie sur l'opposition complexe/réductionniste. Quant au niveau Turquoise, il perçoit le niveau Jaune comme souvent trop dissocié par volonté égotique d'avoir un impact profond sur des dynamiques globales depuis une perspective individuée, et distingue le fait d'analyser le champ subtil via l'approche complexe, et le fait de se vivre baignant directement dans ce champ par apaisement et alignement de l'âme. D'où une opposition harmonisé/tendu.

— La contextualisation :

La contextualisation peut être résumée par le principe selon lequel il n'existe pas de séparation entre l'observateur et la chose observée. C'est une idée admise dans de nombreux courants spirituels, qui, depuis les découvertes en physique quantique puis la formalisation de la deuxième cybernétique, possède désormais des implications scientifiques concrètes. La contextualisation est la conséquence du paradigme interactionniste en complexité : aucun élément ne peut être étudié en lui-même, il peut l'être seulement à travers ses interactions avec d'autres éléments. En quelque sorte, être, c'est être en interaction. Derrida approchait déjà ce principe avec son concept de « différance » en sémiologie, sans jamais vraiment le formaliser.

On en trouve notamment des applications dans l'approche de Palo Alto en psychologique. Bien plus récemment, Mioara Mugur-Schächter a proposé une révolution épistémique visant à servir de base à une nouvelle façon d'aborder la connaissance et l'usage des modèles en science : la Méthode de Conceptualisation Relativisée (MCR). La contextualisation serait aussi à la base de la théorie mathématique des Topos de Grothendieck, bien que cela dépasse mes domaines de compétence. Enfin, elle est appliquée en médiation et résolution de conflits via la méthode du « consensus sans compromis » d'Aleksander Piecuch.

La contextualisation a des implications très profondes : elle signifie qu'aucun propos sur le monde ne peut être considéré comme neutre. Appliquée aux autres invariants, elle permet d'expliciter les partis pris d'une analyse selon son niveau d'englobement holarchique (très méta ou très spécifique), son cadre polarisé (analyse des faits, établissement d'une méthode, formulation d'un objectif, approche poétique ou formelle…), son sujet (autoréférence liée à l'auto-organisation évolutive) et la limite des informations disponibles (incomplétude liée aux structures et interfaces). Sans elle, même la complexité peut devenir un nouveau dogme. La systémie de la conscience peut ainsi s'auto-contextualiser pour expliciter ses partis pris et ses limites, le choix de son architecture et les modalités permettant d'établir d'autres architectures fonctionnelles. Ainsi, le découpage en cinq invariants principaux, et dans cette configuration, n'était pas le seul choix possible. C'est ce qui permet le passage d'une systémie de la conscience cross-paradigmatique à une systémie de la conscience méta-cross-paradigmatique dans le Model of Hierarchical Complexity (voir la présentation du modèle dans « des œuvres pour approfondir »).

Par ailleurs, la contextualisation signifie que tout ce qui est perçu est filtré par le système qui perçoit. Ce que l'on comprend du monde nous en dit donc autant sur nous que sur le monde, de façon ontologique. Ainsi, tout ce que nous percevons relève d'une projection, mais toute projection est la traduction d'une réalité ontologique plus profonde, puisqu'il n'y a pas de projection possible sans objet extérieur. Tout est biaisé, mais rien n'est perceptible en dehors du biais. Une pensée « plus juste » ne doit pas être impartiale, mais simplement consciente de ses biais et capable d'observer une même situation depuis plusieurs perspectives, tout en faisant évoluer ses cadres de perception.

Les niveaux de difficulté des séminaires

Rome ne s'est pas faite en un jour. De même, la vision du nouveau monde est exigeante à assimiler et à intégrer. Elle nécessite des périodes d'adaptation qui peuvent souvent durer plusieurs années, selon l'endroit où vous en êtes dans votre parcours. C'est pourquoi j'ai conçu des niveaux de difficulté pour toutes mes formations et ateliers, avec une logique progressive. Le niveau 1 démarre là où la plupart des gens commenceront à se trouver à court de contenus dans le « mainstream ». Le niveau 2 commence à être bien développé et documenté dans les milieux alternatifs. La progressivité n'est pas linéaire : les niveaux 3 à 5 sont plus « resserrés », et peuvent en théorie être assimilés plus rapidement. Le New-Âge donne souvent un aperçu du niveau 6, voire au delà, mais depuis une vision de niveau 2. Il s'agit d'une impasse contre-productive, qui peut générer de la dissociation et de l'ego spirituel. La transcendance réelle doit intégrer l'incarnation, la rigueur et la fonctionnalité dans la matière.

À noter : un niveau de difficulté peu élevé associé à un module ne signifie pas nécessairement que vous n'apprendrez rien d'intéressant si vous pensez l'avoir dépassé, mais simplement que le contenu est accessible à un plus large public. Par ailleurs, certains des éléments cités dans les niveaux ne rentrent pas parfaitement dans une logique holarchique. Il est donc possible, sous certaines conditions, d'être en cours d'assimilation de certains éléments situés un, voire deux niveaux plus haut que d'autres éléments que l'on n'a pas encore assimilés. Le découpage en niveaux est avant tout conçu dans une logique de progressivité pédagogique, ce n'est pas un absolu. De même, les niveaux de la spirale cités sont des indicateurs. Vous pouvez avoir des individus avec un jaune cognitif plutôt puissant qui seront capables de suivre des contenus théoriques de niveau 3 ou 4, tout en ayant une maturité émotionnelle qui dépasse à peine le niveau 1.

Niveau 1 : autonomie, progrès et optimisation : Épistémologie de niveau orange à orange mature sur la spirale. Correspond à la « pensée formelle » sur le « Model of Hierarchical Complexity » (plus de détails dans l'onglet « des œuvres pour approfondir »).

Ce niveau vous intéressera si vous souhaitez parfaire votre « mental rationnel » et vérifier que vous êtes à jour des standards d'éducation de notre époque (fin de cursus universitaire standard). Il y a une plus-value majeure dans mon approche : j'identifie et neutralise autant que possible les éléments malsains de la modernité en les présentant de façon éclairée par la complexité.

Ce niveau peut aussi vous permettre de discerner ce qui relève d'une spiritualité post-formelle ou d'une forme de pensée magique plus ou moins subtile et rationalisée. J'ai tendance à considérer que l'autonomie réelle commence lorsque l'on réalise pleinement que « personne ne viendra nous sauver si ce n'est nous-mêmes », ce qui correspond à une maturité psychologique de niveau 1 (le niveau 0 étant : « je suis victime des évènements et des autres », ou bien « si je suis gentil et patient, ça finira par s'arranger »). Ceux qui en restent là peuvent croire, à tort, que cela signifie qu'il ne faut pas compter sur les autres. En revanche, il n'est pas possible d'aider réellement quelqu'un qui n'est pas prêt à assumer sa propre part de responsabilité dans ce qu'il vit, et à accepter de mettre en place concrètement ce qui est nécessaire pour évoluer. Je peux vous accompagner dans cette prise de conscience sans tomber dans les travers de la société moderne, comme le cynisme ou l'hyper-compétitivité.

Ce niveau peut m'apporter si :

  • J'ai l'impression de subir ma vie ou d'attendre une solution extérieure qui ne vient pas.

  • Je veux muscler mon discernement entre la vraie spiritualité et les dérives de la pensée magique.

  • Je cherche à stabiliser mon efficacité personnelle sans sacrifier mon éthique au profit de la compétition.

  • Je sens que j'ai besoin de consolider ma rigueur intellectuelle sans tomber dans la psychorigidité.

Niveau 2, déconstruction, empathie et vulnérabilité heureuse : Correspond au niveau vert sur la spirale dynamique. Ce niveau est généralement moins focalisé sur la dimension cognitive, mais on peut tout de même y trouver des aspects théoriques intéressants. Peut couvrir de « abstrait » à « méta-systémique » sur le MHC.

Ici, vous apprendrez à apprivoiser la déconstruction, l'accueil de l'altérité et les relations humaines authentiques. Vous découvrirez aussi la vulnérabilité heureuse et les rapports humains gagnant-gagnant. Le niveau 2 vient critiquer les excès et la violence des sociétés modernes pour retrouver ce qui est vraiment essentiel, afin de préparer le saut quantique vers la « Seconde Boucle » en spirale dynamique. La plupart des approches à ce niveau permettent de mieux prendre conscience de ses émotions, de sortir de la raison rationalisante ou des réactions automatiques, et de s'ouvrir à la diversité des points de vue. On y découvre que le monde peut être autre chose qu'une compétition ou une lutte, et on y répare progressivement ses blessures émotionnelles.

C'est le moment où vous commencez à prendre conscience que vous fonctionnez le plus souvent selon des schémas automatiques et que vous passez à côté du vécu subjectif de votre entourage. Vous aspirez à des relations où l'on s'écoute vraiment, sans se corriger et sans jeux de pouvoir. Le scan émotionnel et corporel devient une habitude, de même que l'introspection, afin d'aller chercher des informations à d'autres endroits que dans votre cognition. Je peux vous aider à vous ouvrir à votre dimension sensible sans tomber dans les pièges de ce niveau : l'ego spirituel, l'autocensure, les projections, l'hyper-sensibilité émotionnelle envahissante et le rejet du leadership et de l'assertivité.

Ce niveau peut m'apporter si :

  • Mes relations sont encore trop souvent basées sur le pouvoir ou la performance et cela m'épuise.

  • Je me sens coupé de mes émotions ou j'ai du mal à comprendre le ressenti des autres.

  • Je souhaite sortir des schémas de pensée trop rigides ou dogmatiques.

  • Je vis une hypersensibilité que je n'arrive pas encore à transformer en force.

Niveau 3, conscience des systèmes, individuation et regard méta : Correspond à la transition vert-jaune, OU à du orange augmenté par jaune (orange systémique), OU ENCORE à du début de jaune opérationnel.

Vous y apprendrez les bases de la pensée systémique opérationnelle et découvrirez la pensée méta et la modélisation holarchique, c'est-à-dire le développement par « transcendance et inclusion ». D'une manière générale, vous apprenez à manipuler des outils et des principes Jaunes opérationnels sans savoir encore, à ce stade, comment construire les vôtres.

Sur le plan du développement personnel, vous découvrez l'assertivité sans violence et le lien entre l'observateur et la chose observée. Vous commencez à réaliser que la dissonance cognitive et l'inconfort sont des ressources exploitables plutôt que des choses à éviter. Vous progressez sur le chemin de votre individuation en commençant à différencier vos désirs propres des influences (même subtiles) du groupe, en acceptant d'initier les choses même si votre entourage ne vous suit pas. Dans les relations, vous passez d'une logique de l'écoute empathique, de la reliance émotionnelle et de la déconstruction à une logique ternaire « Toi + Moi + La Relation » où la tension devient un espace de co-découverte de ce que nous créons ensemble et devons intégrer ensemble.

Ce niveau peut m'apporter si :

  • Je ne sais pas comment être moi-même quand je suis au sein d'un groupe ou d'une communauté sans générer de la violence.

  • Je veux apprendre à utiliser mes conflits relationnels comme des leviers d'évolution.

  • J'ai besoin d'outils concrets pour comprendre et agir dans les situations complexes.

  • Je suis prêt à sortir du besoin de consensus pour assumer ma propre singularité.

  • J'ai du mal à me faire suffisamment confiance pour assumer une posture sans validation extérieure immédiate.

  • J'ai peur de me retrouver isolé socialement si je m'affirme trop.

Niveau 4, approche intégrative, auto-actualisation et méta-modélisation : Correspond à du jaune stable, intégré. Les approches sont généralement méta-systémiques et paradigmatiques sur le MHC.

À ce stade, vous sortez de la systémique « mécanique » pour entrer dans la complexité réelle. Vous découvrez la logique intégrative (ou logique du tiers inclus), où les opposés sont vus comme un tout à harmoniser. Vous raisonnez en invariants structurels et utilisez des approches « multi-niveaux » de façon fluide (matière/information/émotion, micro/méso/macro etc.). Vous devenez capable d'adapter certain méta-modèles ou de vous les réapproprier, mais c'est un processus limité et qui prend un certain temps. Le regard sur soi, ou regard méta, devient de plus en plus un regard sur la construction de soi, soutenu par des outils de méta-cognition capables de neutraliser les rationalisations. Vos relations peuvent devenir des moyens de sortir mutuellement de vos boucles de souffrance et d'actualiser votre vision mutuelle du monde, non seulement lorsqu'il y a déjà tension, mais même de façon plus préventive et exploratoire.

Sur le plan du développement personnel, vous entrez pleinement dans l'auto-actualisation : un réarrangement systémique de votre architecture cognitive et psychologique. Vous apprenez à repérer vos structures figées pour conscientiser, réparer et sublimer vos blessures. Vous commencez même à être capable de le faire en autonomie si l'angle mort n'est pas trop large ou le trauma trop profond. Vous commencez à réaliser que les états successifs par lesquels vous passez, tout en vous forçant à la remise en question et l'adaptation, convergent de plus en plus vers une vocation profonde. « Surfer le chaos » devient une hygiène psychologique, pas toujours agréable, mais nécessaire et intégrée.

Ce niveau peut m'apporter si :

  • **Je comprends la complexité en théorie, mais j'ai du mal à l'appliquer concrètement à ma propre psyché. **

  • Je me sens coincé dans des schémas répétitifs (structures figées) malgré mes analyses intellectuelles

  • Je cherche à transformer mes relations en espaces de co-évolution et de "mise à jour" mutuelle.

  • Je ressens le besoin d'aligner ma vie sur une "raison d'être" qui dépasse la simple réussite personnelle.

Niveau 5, complexité générative, structures de l'existence, conscience construct-aware : correspond à du jaune avancé, parfois avec un début de turquoise. Paradigmatique et cross-paradigmatique sur le MHC, voire méta-cross-paradigmatique.

À ce stade, non seulement vous maîtrisez l'essentiel de la complexité sur le bout des doigts et pouvez l'appliquer intuitivement en situation réelle, mais vous accédez aussi à la dimension générative, qui vous permet de créer vos propres méta-modèles « à la volée » en vous adaptant aux situations et à la capacité d'intégration de la complexité des personnes et structures avec lesquelles vous interagissez. Vous accédez à un espace de créativité presque infini. Votre lecture du monde est puissamment transdisciplinaire. Vous transposez rapidement des principes structurels dans des domaines complètement nouveaux pour vous, ce qui vous fait gagner beaucoup de temps et vous permet de repérer certains angles morts que même des experts sans vision complexe peuvent manquer. Vous voyez la réalité comme toujours construite sur les mêmes principes méta-structurels, les mêmes ontologies existentielles.

Sur le plan du développement personnel, vous vous observez comme le créateur de votre propre perception. Vous pouvez auto-mapper votre ou vos réalités du moment via des modèles systémiques et intégratifs, ou même par simple introspection convergente de votre mental, de votre corps et de vos émotions. Puis, ce premier feedback étant harmonisé, vous le mettez en relation avec ce que vous savez de la structure de l'existence pour repérer les dissonances restantes. Vous pouvez itérer plusieurs fois. Vous formulez alors une nouvelle réalité que vous vous appliquerez à tester dans votre vie durant les prochains jours avant de décider si elle vous convient ou non. Les relations peuvent être utilisées comme des espaces d'intégration fluide et dynamique. Il peut y avoir aussi un désir d'aller chercher volontairement des relations plus polarisés pour explorer des espaces de plus en plus vastes dans la création consciente de soi, via la confrontation à une altérité radicale : plus on explore nos extrêmes, plus on connait notre centre.

Ce niveau peut m'apporter si :

  • J'ai l'impression de "voir" les structures derrière les événements et je veux apprendre à modéliser ce que je perçois.

  • Je sature de devoir utiliser les modèles des autres et je veux créer mes propres outils d'analyse.

  • Je souhaite utiliser l'altérité radicale (ce qui est très différent de moi) comme un miroir pour stabiliser mon centre.

  • Je veux devenir capable de "hacker" ma propre réalité en changeant mes cadres de perception consciemment.

  • Je suis en recherche d'un niveau de lecture capable d'embrasser les strates les plus profondes de l'existence, et qui me corresponde (embryon de conscience kosmo-centrée).

Niveau 6 (spéculatif et expérimental) : Exploration du flow, complexité incarnée, lâcher-prise radical : début turquoise. De « abstrait » à « méta-cross-paradigmatique » sur le MHC (ça dépend jusqu'à quel point on veut mentaliser et formaliser le vécu). Expérientiel et transpersonnel.

À ce stade, c'est un espace dont je commence à voir le potentiel, mais que je n'appréhende par encore vraiment moi-même. Toute la vision complexe, fluide et même ontologique intégrée dans les niveaux précédents se met à descendre et à se dissoudre puissamment dans le corps et dans l'incarnation. Le besoin de valider les intuitions complexes par la modélisation ou même la conscientisation formelle se fait de moins en moins sentir. Une ouverture à une guidance qui semble dépasser les capacités d'appréhension du « soi en contexte » commence à apparaître. Cette guidance prend la forme d'une confiance de plus en plus radicale envers le monde. Il y a l'idée de l'existence d'un sens profond de toutes les situations vécues, et d'une bienveillance intrinsèque du monde. Elle se manifeste aussi via des patterns et des synchronicités qui ont lieu dans l'expérience elle-même, y compris les petites choses du quotidien. Ces signes ont souvent une dimension symbolique ou sont des échos d'histoires ayant une importance particulière pour nous. La complexité n'est plus seulement un outil de modélisation, elle est vécue à chaque instant, elle est agissante. La relation entre l'observateur et la chose observée devient enfin véritablement intégrée, non seulement dans la théorie, mais dans le corps et les actes quotidiens.

La relation devient un moyen de découvrir le Soi en l'autre, de permettre aux autres de découvrir notre Soi en eux, et à chacun de découvrir un peu plus sa véritable nature qui transcende complètement la perception du « ici et maintenant ». D'une manière générale, la relation devient une célébration de l'aventure de la vie, dans la joie comme dans la peine, dans la fluidité comme dans la tension.

À ce stade, si je faisais des propositions de formations ou d'ateliers, ça prendrait la forme d'expériences collectives ou de retraites visant à générer un vécu puissant de reliance collective et l'émergence d'une intelligence transpersonnelle intuitive capable de régénérer chaque personne via la dynamique collective. Je pense que c'est possible et j'ai des idées sur comment le mettre en place.

À noter que la densité importante des trois niveaux précédents, notamment sur le plan théorique, vise à faire en sorte que le niveau 6 puisse aussi facilement que possible être distingué de simples hystéries collectives, de la pensée magique ou de l'autopersuasion.

Ce niveau (devrait) pouvoir m'apporter si :

  • J'ai "trop de mental" et je sens que ma compréhension de la complexité doit maintenant devenir intuitive et descendre dans mon corps.

  • Je cherche à vivre une spiritualité qui ne rejette pas la rigueur, mais qui la transcende par le "flow".

  • Je souhaite expérimenter la reliance collective et l'intelligence intuitive en groupe.

  • Je veux passer du stade où je "comprends" le monde à celui où je me sens "agi" par lui en toute confiance.

Les séminaires live

Que ce soit en ligne ou en présentiel, les séminaires vous permettent de plonger de façon intensive dans l’apprentissage des savoirs, savoir-faire et savoir-être essentiels à la préparation du nouveau monde.

Ils portent essentiellement sur l’apprentissage de la complexité et la lecture du subtil, l’application de la complexité dans des situations concrètes, le développement d’une conscience « méta » de soi et de ce qui se joue dans les relations, et la capacité à auto-actualiser son psychisme pour s’adapter à un monde chaotique sans sombrer dans une crise existentielle.

La dernière compétence est particulièrement importante, car, sans un ego bien installé, résilient et évolutif, le « moi » risque de se retrouver malmené dans un monde où les évidences d’hier deviennent les pièges d’aujourd’hui et le burn-out de demain.

Initiation à la pensée complexe et intégrative

Difficulté : 3

Basée sur l'architecture du méta-modèle de la Systémie de la Conscience, lui-même inspiré de penseurs majeurs de la déconstruction et de la complexité, cette formation « porte d'entrée » vous permet d'acquérir les bases de la complexité via la découverte des notions théoriques essentielles, que vous pourrez immédiatement mettre en pratique par des exercices d'application.

Vous deviendrez ainsi capable de décoder des patterns extrêmement puissants qui vous échappaient complètement jusqu'alors. Cette nouvelle grille de lecture vous permettra de sortir des ornières et des angles morts, quel que soit le domaine de votre vie concerné.

9 heures sur 2 jours, soit 4h30 par jour, généralement les week-ends et l'après-midi. Prix : 150€

Exploration des filtres de réalité

Difficulté : 2.5

Nous filtrons notre réalité en permanence, d'une façon suffisamment automatique et profonde pour que, le plus souvent, le phénomène soit complètement inconscient. Si notre « état habituel de perception » est généralement parfaitement fonctionnel (c'est précisément pour cela qu'il existe), il peut aussi nous enfermer dans des stratégies sous-optimales, génératrices de schémas de souffrance et construites sur la base d'adaptations à des contextes violents et traumatogènes. Lorsqu'une stratégie est solidement installée et rigidifiée, elle peut être très difficile à désactivée sans les outils thérapeutiques et méta-cognitifs adaptés, même lorsque la situation a changé. Dans un monde complexe, les situations changent de plus en plus vite (et souvent vers un mieux potentiel, heureusement !).

Exploration des filtres de réalité est un séminaire qui permet de développer une conscience méta-égoïque, c'est-à-dire une conscience capable de s'observer elle-même comme incarnant différentes postures, visions et « personnages » en fonction des situations de la vie. Plutôt que de vous oublier dans une liste restreinte de rôles, toujours les mêmes, que vous rejouez inlassablement, y compris dans des situations inadaptées, vous commencerez progressivement à explorer la conscience de l'Acteur derrière les personnages. Il ne s'agit pas de retrouver le « Vrai Soi ». Ça c'est un fantasme, et ce serait juste un autre rôle. Il s'agit plutôt de retrouver le « Non-Soi qui joue DES Sois ».

Pour cela, nous allons jouer avec différents filtres de conscience afin d'observer l'étendue de la palette de jeu de l'Acteur, c'est-à-dire observer le jeu auquel tout le monde participe déjà, mais cette fois de façon volontaire.

Les exercices pratiques seront agrémentés de principes théoriques, de manière à intégrer une « carte des filtres » et à mieux s'y retrouver sans générer l'illusion qu'un filtre ou un rôle serait ontologiquement « plus authentique » que les autres.

La méta-conscience, ou métanoïa, est une compétence psycho-spirituelle essentielle pour s'ouvrir à des niveaux de lecture plus vastes que l'ego habituel, tels que ceux permettant d'intégrer la complexité. Si la conscience n'est pas suffisamment désidentifiée des fonctionnements automatiques de l'ego, la complexité risque d'être rationalisée pour valider des peurs et des projections. Pour cela, plutôt que de chercher un « état stable éveillé », ce qui est le chemin le plus sûr vers l'ego spirituel, on part du principe que tout est de toute façon filtré, que tout est de toute façon projection, mais que les filtres et les projections peuvent fluctuer. Le jugement d'un filtre donné peut ainsi être « triangulé » avec d'autres filtres.

Attention, explorer les filtres peut être émotionnellement challengeant. Il est bien évidemment possible d'arrêter n'importe quelle activité à tout moment si l'expérience devient trop désagréable ou dérangeante. Cependant, si vous vous sentez dans une période de fragilité émotionnelle importante (il n'y a aucune honte à cela, ça peut arriver à n'importe qui, surtout dans des moments difficiles) il peut être plus recommandé pour vous de vous tourner vers des pratiques basées sur l'accueil inconditionnel de vos affects et la réparation émotionnelle, que ce soit en séance individuelle avec moi ou avec d'autres praticiens. Ce séminaire vise avant tout le développement de la conscience méta ; le « care » y est présent, mais seulement de manière suffisante pour faciliter cet objectif premier.

9 heures sur 2 jours, soit 4h30 par jour, généralement les week-ends et l'après-midi. Prix : 150€

Spirale Dynamique 1 : le modèle général

Difficulté : 1.5

Dois-je encore présenter la Spirale Dynamique ? Si vous suivez ma chaîne Youtube, vous savez que j'en parle souvent. Vous pouvez aussi trouver une description générale des différents niveaux décrits par le modèle dans l'onglet « des œuvres pour approfondir ».

La Spirale Dynamique est un modèle extrêmement puissant qui décrit l'évolution de la complexité des éléments culturels (ou « mèmes », selon la théorie mémétique de Richard Dawkins), et des visions du monde et modes d'organisation que ces éléments culturels permettent de mettre en place. L'intérêt de ce modèle, c'est qu'il permet à la fois de décrire des évolutions à l'échelle des individus, des groupes, des sociétés et même de civilisations entières avec une redoutable efficacité. Je m'en sers également pour accompagner les crises existentielles, lesquelles sont souvent associées à des transitions entre les niveaux de la spirale. D'ailleurs, mon site et ma démarche générale ont été construits dans une logique « Jaune ». Ce séminaire peut vous permettre de comprendre ce que cela signifie exactement.

Grâce à la Spirale, vous pouvez apprendre à analyser et à accompagner les crises et les transitions à toutes les échelles. Vous pourrez ainsi abandonner plus sereinement puis dépasser des stratégies et des visions du monde dont vous avez atteint les limites, tout en adoptant une logique du « transcender et inclure ».

Ce séminaire brossera en détail les 8 niveaux de la spirale actuellement cartographiés, agrémentés d'exemples vidéo, tout en explicitant le fonctionnement général du modèle et le mécanisme des transitions.

12 heures sur 2 jours, soit 6 heures par jour, généralement les week-ends et l'après-midi. Prix : 200€