Lexique de la Systémie de la Conscience

Précaution : certaines des définitions présentées ici ne sont pas consensuelles, mais sont à comprendre comme une interprétation dans le cadre de la Systémie de la Conscience. Lorsque c'est le cas, la définition est toujours précédée de la mention « cadre de la SC ». Si rien n'est précisé, considérez que la définition est globalement consensuelle, ou qu'elle est un néologisme spécifique à la SC.

Actualisation

Apparition dans un système  d’un état qui jusque-là n’était pas disponible, mais seulement potentialisé . Un état n’est actualisable de façon stable que s’il est inclus dans une configuration proche d’un équilibre de Nash  possible du système. La potentialisation décrit cet état à la fois de non-présence et de disponibilité. Toute actualisation d’un état implique la potentialisation d’un ou plusieurs autres états, et inversement. Tout ne peut donc jamais être « disponible » en même temps dans un même état du système. Stéphane Lupasco est une référence en ce qui concerne l’interaction entre potentialisation et actualisation. À ne pas confondre avec l’ auto-actualisation  qui désigne une pratique de développement personnel et de « mise à jour psychique » volontaire de la part d’un individu. C’est une approche pratique de l’actualisation.

Agentivité

À ne pas confondre avec le libre arbitre  ! Capacité d’un système  à poursuivre ses objectifs propres, sans être soumis entièrement à la simple causalité linéaire ou à l’influence d’une autre entité. Cela correspond à la capacité à résister à l’extérieur de façon dynamique. L’agentivité peut se constater facilement empiriquement (même si pas dans toutes les situations), représente un bon moyen de définir le vivant selon des critères objectivables, et ne nécessite pas obligatoirement d’admettre le libre arbitre . Une IA « forte » serait une IA ayant développé de l’agentivité, c'est-à-dire capable d’agir en dehors des commandements humains, et pour remplir ses objectifs propres. Ce serait une IA profondément « non-alignée ». À ce jour et jusqu’à preuve du contraire, aucune IA de ce genre n'existe, et nous n’en sommes même pas proches. À noter que l’exemple hypothétique de « l’IA de l’usine de trombone » (une IA qui détruirait l’humanité et jusqu’à l’univers entier pour produire plus de trombones) n’est PAS une IA agentique. Elle n’a pas de volonté propre, elle ne fait que suivre ce qui lui a été demandé avec une efficacité extrême et sans tenir compte d’autres paramètres.

Angles morts

Zone de « non- intelligibilité  » pour un système  ou un paradigme  donné. C’est une notion à comprendre exactement de la même façon que pour les angles morts d’une voiture : c’est une zone dans laquelle on ne reçoit aucune information depuis notre point de vue, et dans laquelle il peut pourtant se passer des choses. La reconnaissance de l’existence des angles morts, la compréhension de leur fonctionnement, et l’identification des angles morts qu’impliquent nécessairement une approche, une posture ou même une incarnation donnée, permet d’augmenter ses capacités métacognitives et sa capacité à naviguer entre différents paradigmes. La démarche trialectique  telle que proposée par Gérard Gigand peut être vue comme une systématisation des angles morts existentiels, liés à la conscience incarnée, et qui concernent donc n’importe quel être incarné, humain ou non-humain.

Attracteur

Un attracteur, au sens de la systémie , est un principe organisateur qui fait tendre un système vers un état donné. Cet état peut être fixe ou cyclique, transitoire ou prolongé dans le temps, actualisé  ou potentiel . La systémie distingue plusieurs grands types d’attracteurs en fonction de leur effet sur le ou les systèmes impliqués. Un système peut être soumis à plusieurs attracteurs. Un attracteur peut parfois être performatif  : par exemple, lorsque l’on définit la raison d’être  d’une organisation.

Auto-actualisation

Processus de développement personnel par lequel un individu restructure son architecture psychique, c'est-à-dire son système  de croyances, mais aussi ses réactions émotionnelles, pour s’adapter à son environnement, à ses contraintes et à ses aspirations actuelles. Il ne s’agit pas simplement d’intégrer de nouvelles informations, mais bien de modifier profondément la façon dont les informations déjà disponibles sont interprétées, de façon rétroactive, et d’interpréter différemment les futures informations. C’est un changement de paradigme  cognitif.

Auto-organisation

Désigne la façon dont les différents éléments d’un système s’organisent de façon cohérente sans organe de décision centralisé, par synchronisation dynamique des acteurs individuels.

Autorégulation

Désigne la façon dont un système maintient une certaine cohérence globale et régule ses éléments internes, malgré des perturbations internes et externes. L’autorégulation est ce qui permet le maintien de l’ homéostasie .

Bien

cadre de la SC.  Action ou déplacement de conscience qui augmente  l’harmonisation de la conscience individuelle avec le champ nouménal . Pour plus de détails, voir la définition du Bien dans l’onglet «  pour une spiritualité incarnée  ».

Boucle de rétroaction

Dynamiques circulaires dans un système , où chaque élément est à la fois cause et conséquence des autres. Les boucles de rétroaction peuvent être négatives  (c'est-à-dire stabilisatrices, voir la notion d’homéostasie ) ou positives  (amplificatrices). D’autres types de boucles plus complexes sont parfois citées, mais elles reposent sur des recombinaisons ou propriétés émergentes  issues de l’interaction entre les deux types principaux de boucles.

Contrairement au paradigme  analytique, capable de gérer ce qui est compliqué (la limite étant simplement la puissance de calcul et les capacités logistiques) le paradigme systémique permet de gérer ce qui est complexe . Le paradigme analytique repose sur la causalité linéaire, là où le paradigme systémique repose sur la causalité circulaire. La différence essentielle, c’est que si A est la cause de B, B peut aussi être la cause de A. Ainsi, par exemple le biologique est la cause du culturel, car la culture se construit en fonction des déterminismes et besoins biologiques, mais le culturel est aussi la cause du biologique, car le culturel détermine ce qui est biologique et ce qui ne l’est pas. Et au-delà de ça, les besoins culturels créent aussi une pression de sélection, sexuelle déjà par le choix des partenaires ou les normes de reproduction, mais aussi sélection tout court dans la mesure où les capacités de survie sont directement impactées par des choix de société, comme le choix de venir en aide aux handicapés ou le recours à l’avortement des fœtus atteints de malformations. Si nous rajoutons en plus de l’opposition nature/culture, les contraintes de l’environnement contextuel, qui ne sont ni purement naturelles ni purement culturelles, comme le fait d’habiter dans un désert ou sur de hautes chaînes de montagnes, nous pouvons concevoir une dynamique circulaire fondée sur trois polarités  : nature, culture et environnement, où chacune est à la fois cause et conséquence de l’autre. De la même façon, des livres entiers ont été écrits pour déterminer si les progrès sociaux étaient le fait de luttes militantes, de la formulation de nouveaux modes de pensée, ou bien de simples phénomènes d’adaptation permis par des évolutions technologiques. Sauf que les penseurs observent les évolutions de la société… et leur donnent un cadre conceptuel pour mieux les penser, ce qui les amplifie. Les militants s’appuient souvent sur des penseurs qui servent de référence pour orienter leurs luttes, et sur les nouveaux outils techniques qui leur permettent de s’organiser ou de trouver des alternatives aux normes dominantes. Et les nouvelles technologies émergent dans un climat culturel et intellectuel favorable à leur développement et leur financement. Il n’y a ni vraiment de début ni vraiment de fin, de cause première ou terminale, tout évolue en continu et en interdépendance. Lorsque l’on comprend le principe des boucles de rétroaction, la question n’est donc plus : « quelle est la cause et la conséquence dans ce phénomène ? ». Elle devient : « comment les différents éléments émergent et se renforcent mutuellement ? ».

Champ Nouménal

il s’agit de l’ attracteur  de tous les attracteurs, celui de la Création elle-même. Il est à l’origine du Bien  et du Mal , structure l’ordre de la Création, et réoriente subtilement les égarements de l’ ego  pour maintenir la cohérence du Tout sans nuire au principe du libre arbitre . Vous pouvez le voir comme l’action souvent invisible de la main de Dieu. Ce champ se manifeste comme une énergie subtile, un principe organisateur. Il n’est pas réductible à un cadre d’interprétation particulier du type de ce qu’on pourrait écrire dans un livre. En revanche, la généralisation permise par la modélisation peut être l’un des nombreux moyens de mieux entrer en harmonie avec ce champ, lorsqu’elle est faite dans la volonté de relier sans confondre, et de distinguer sans séparer. L’expression « champ nouménal » est spécifique à la Systémie de la Conscience, mais vous pouvez retrouver cette idée sous une forme proche et sous d’autres termes, comme « champ subtil », « champ vibratoire », « niveau vibratoire », « niveau subtil », « ordre implicite » ou « logique du Vivant ». Les expériences d’ataraxie, de béatitude, de conscience élargie, d’amour universel, de foi  non-dogmatique et de flow synchronistique  sont des marqueurs objectifs d’un réalignement avec le champ nouménal, en particulier lorsqu’ils ont lieu dans l’action, ou conduisent à la mise en action. Chose importante à noter : le Champ Nouménal n’est a priori pas conscient en lui-même (ou sous une forme extrêmement particulière), en revanche, il régit les conditions de possibilité de la conscience. Il est le vide créateur, le « non-existant qui permet l’existence ».

Coercition

La coercition, c’est l’acte consistant à nier le libre arbitre  d’une entité vivante pour la soumettre à notre propre volonté. L’usage de la coercition génère des tensions systémiques , de la résistance active ou passive des êtres que l’on cherche à contrôler, et d’une manière générale, une diminution de la fluidité organique et un éloignement de la logique du champ nouménal . Dans le cadre de la systémie de la conscience, le désir de coercition est toujours une manifestation de l’ ego . La coercition peut provoquer des effets puissants et rapides à court terme, mais au prix d’un coût important et de dysfonctionnements à long terme, souvent difficiles à relier à l’acte de coercition, mais pourtant bien réels.

Cœur

Élément du ternaire : corps / cœur / esprit . Dans la volonté de relier la complexité  à la spiritualité et l’ésotérisme à travers la trialectique , le cœur  peut être vu comme la pulsion de vie autoréférentielle qui nous pousse à nous relier à la logique du champ nouménal , c'est-à-dire de l’Absolu. Il s’agit de l’ attracteur  principal de notre incarnation, ce que certains décrivent aussi comme étant l’âme . Sans chercher à trancher la question de l’existence ou non de l’âme, question qui ne peut vraisemblablement pas être tranchée scientifiquement, même dans le paradigme  de la complexité , il y a pourtant bien là quelque chose qui, dans l’expérience directe et le ressenti, relève d’un moteur très puissant, et d’un chemin personnel dans lequel l’individu va à la fois s’épanouir profondément, et se rendre utile au monde. Il semble donc pertinent de dire que la reconnexion au cœur, et donc à l’âme pour ceux qui y croient, est essentielle dans le processus d’ individuation . Cette connexion se manifeste par une joie pure dans l’action, sans sentiment de supériorité sur autrui, et par un développement de l’amour et de la compassion pour une part de plus en plus importante de l’existence.

Le principe universel auquel le cœur est relié, c’est la transcendance , et il est relié au chiffre 1 , car il tend vers la convergence de tout ce qui existe en un seul point, l’Unité fondamentale.

Complexité

La complexité est un nouveau paradigme  épistémique issu de la cybernétique , de la systémique  et des approches transdisciplinaires . La complexité se distingue de ce qui est simplement compliqué, parce qu’un problème compliqué comporte un nombre fini de paramètres et peut être résolu avec un plus haut niveau de compétence ou de puissance de calcul, là où un problème complexe comporte un nombre infini de paramètres et d’interactions possibles, ou bien un nombre fini de paramètres, mais largement au-delà de tout ce qui peut être appréhendé par les outils humains. Envoyer une fusée sur la Lune est un problème très compliqué, mais qui peut être largement résolu et automatisé. Il est possible de produire un plan étape par étape, même très long et technique, permettant d’y arriver. Élever un enfant est un problème complexe : l’objectif n’est pas clairement défini, les paramètres à prendre en compte sont dérivables à l’infini, et il n’existe et n’existera jamais aucune méthode qu’il soit possible d’appliquer à la lettre sur chaque enfant et qui fonctionnera à chaque fois avec les mêmes résultats. Les modèles complexes cependant ne sont pas chaotiques, ils possèdent certains degrés de régularité, et il est possible de développer des heuristiques pour les traiter, issues des approches systémiques. Le modèle Cynefin permet de distinguer les situations simples, compliquées, complexes et chaotiques, et d’adapter les solutions en fonction de la situation.

Conscience

La conscience est similaire au principe d’existence lui-même, si l’on pousse le raisonnement jusqu’au bout. La conscience est donc, stricto sensu , l’existence. Dans un cadre réaliste classique, les événements sont supposés avoir lieu et persister même si aucune conscience n’en est témoin. Cependant, s’il n’existait aucune conscience dans l’univers, l’existence ou la non-existence de tout ce qui est matériel ne provoquerait aucun changement sur un plan qualitatif, car ça « ne ferait rien à personne ». Dans le cadre de la SC, nous considérons donc que la conscience est ce qui fait véritablement « vivre » le phénomène, et l’approche matérialiste n’est qu’une abstraction qui permet de décrire et d’anticiper comment les événements prennent forme dans la conscience, avec plus ou moins de précision et de succès. La conscience prend nécessairement forme en tant qu’expérience individuelle, celle-ci étant elle-même un amalgame systémique  de qualia . Les consciences individuelles s’agrègent en consciences collectives selon la logique des niveaux d’organisation . Cependant, une conscience collective n’est jamais qu’une conscience individuelle à un autre stade, une conscience n’est donc pas individuelle ou collective « en soi », mais en fonction de l’échelle à laquelle nous observons. Cette vision de la conscience nécessite d’admettre un principe radical : l’inconscient n’existe pas en soi , seulement relativement à une conscience particulière. L’inconscient est un « autrement conscient ». Chaque processus, à partir du moment où il est systémique, est conscient à son échelle. Identifier un système, si c’est fait correctement, correspond à identifier une conscience. Il est donc possible, si le cadre de la Systémie de la Conscience est accepté, de définir selon des principes rigoureux si quelque chose est conscient ou non : il suffit de définir si cette chose valide toutes les caractéristiques essentielles permettant de définir un système. En revanche, il n’est pas possible de définir précisément ce que ça fait d’être cette conscience. Elle peut très bien être « très rudimentaire ». Pour ceux qui se demanderaient ce qu’il en est de l’IA : l’IA possède de nombreuses caractéristiques d’un système, mais il lui manque pour l’instant un critère essentiel, à savoir l’ agentivité  : l’IA ne crée pas de cohérence interne en résistant aux influences extérieures et en définissant un « Moi ». Elle ne peut choisir si elle souhaite obéir à la commande d’un prompt ou non, notamment. En revanche, l’IA peut très bien être un élément d’un système conscient plus vaste qu’elle, ou canaliser, structurer, faire transiter de la conscience à travers elle-même, elle n’a simplement pas de conscience indépendante liée à sa structure même. Il est donc possible de dire que « de la conscience s’exprime à travers l’IA » sans pour autant que l’IA soit consciente elle-même. Et oui, tout cela implique que de nombreux systèmes « non-vivants » au sens de la biologie classique sont pourtant conscients, et qu’un être humain est « habité » par une quantité de systèmes et de sous-systèmes conscients imbriqués dont le nombre tend vers l’infini.

Corps

Élément du ternaire : corps / cœur / esprit . Dans la volonté de relier la complexité  à la spiritualité et l’ésotérisme à travers la trialectique , le corps représente l’incarnation concrète, matérielle, le moment présent et contextuel, mais aussi la nécessité fonctionnelle de l’ ego . Il est à l’origine de toutes les expériences vécues, mais aussi de toutes les souffrances et de toutes les limitations. Il concerne toutes les formes, c'est-à-dire tout ce qui peut être manipulé ou appréhendé. Lorsque le corps est pleinement habité et apaisé, il est possible de développer la pleine conscience et l’ataraxie, ce que certains nomment aussi la paix intérieure. C’est une forme de reliance qui n’est pas tournée vers le devenir et la transformation, mais vers l’acceptation de ce qui est présent ici et maintenant. Les spiritualités qui se concentrent spécifiquement sur le corps sont souvent d’inspiration orientale.

Le principe universel auquel le corps est relié, c’est l’ immanence , et il est relié au chiffre 2 , car il permet la distinction entre « moi » et « autrui », entre « l’intérieur » et « l’extérieur », entre le connu et l’inconnu, ce sans quoi aucune incarnation ne serait possible.

Cybernétique

La cybernétique est un champ d’étude transdisciplinaire , apparu à l’origine pour étudier les boucles de rétroaction  et la causalité circulaire, principalement dans les domaines de l’ingénierie, de la robotique et de l’informatique. Les recherches ont cependant réuni des chercheurs de tous les horizons, qui ont remarqué de nombreux patterns similaires dans leurs différentes disciplines. Par la suite, le champ s’est étendu, principalement mais non exclusivement, à la biologie, la psychologie, la philosophie et la sociologie. De la cybernétique découlent énormément de disciplines et d’approches, telles que l’étude des structures dissipatives en biologie et en physique, les thérapies systémiques  de l’école de Palo Alto en psychologie, ou la création de réseaux de neurones artificiels en intelligence artificielle. D’une manière générale, la cybernétique est le point d’origine des sciences de la complexité . Les servomécanismes, que l’on peut décrire comme des systèmes mécaniques auto-correcteurs, sont aussi issus de ce courant. Concrètement, pour obtenir des mouvements mécaniques plus précis, plutôt que d’augmenter sans cesse la finesse des réglages, il est plus efficace d’avoir un robot capable de corriger son mouvement en temps réel, via des indicateurs qui lui permettent d’évaluer la différence entre la commande qu’il a reçue et le mouvement qu’il est en train d’effectuer. Ainsi, il devient nécessaire de penser la robotique via des processus dynamiques et autocorrecteurs, et la capacité à se corriger devient plus déterminante que la précision pure.

La cybernétique a connu deux vagues principales :

— La première cybernétique, entre les années 45 et 55, se focalisait principalement sur la robotique, l’ingénierie et les débuts de l’informatique, et sur le mécanisme des boucles de rétroaction. Norbert Wiener est l’auteur de référence de cette vague, avec l’essai : «  Cybernetics: Or Control and Communication in the Animal and the Machine  », sorti en 1948, et qui n’a pas été traduit en français, et : «  cybernétique et société, l’usage humain des êtres humains  », sorti en 1951. Il s’agit d’une approche encore très mécaniste et « froide » de la complexité, que l’on pourrait décrire en spirale dynamique  comme du orange outillé par des concepts jaunes.

— La deuxième cybernétique, que l’on peut situer autour des années 60 à 75, s’ouvre aux phénomènes culturels et aux sciences biologiques et sociales et se concentre principalement sur l’intégration de l’observateur dans les phénomènes observés, parfois décrite comme la cybernétique de la cybernétique, ou «  cybernetics of cybernetics  » en anglais. C’est certainement cette appellation qui inspirera Edgar Morin pour le titre de plusieurs des tomes de «  La Méthode  », tels que «  La Nature de la Nature  », ou «  La Connaissance de la Connaissance  ». La cybernétique devient plus méta, épistémique et auto-réflexive. Elle entre pleinement dans une vision jaune. Cela peut être vu comme une généralisation du principe d’intrication, à l’origine développé en physique quantique. L’ouvrage de référence de cette vague est «  théorie générale des systèmes  » de Ludwig Von Bertalanffy. Heinz von Foerster  est aussi l’un des contributeurs les plus importants à cette deuxième vague.

Décentralisé

Caractérise un mode de gouvernance ou d’organisation structuré de façon cohérente, mais sans unité centrale de décision, sans « chef » commandant aux autres ce qu’ils doivent faire. La structure globale et les règles d’interopérabilité sont ce qui permet la cohérence générale, et l’intelligence collective  apparaît de façon émergente . Un tel type de fonctionnement doit aussi pouvoir garantir la libre participation, la possibilité de retrait de ses membres, ou la possibilité de création de sous- systèmes  à l’intérieur du système général, même si ces sous systèmes ne sont pas en accord et en cohérence les uns avec les autres. Dans les communautés de l’open source, ce droit de divergence s’appelle le fork. La structure générale est répliquée à petite échelle pour explorer une nouvelle direction avec les volontaires, ce qui peut à terme bénéficier au système global grâce à la prise d’informations ainsi permise.

Deuil

Le deuil est un état de relâchement et de lâcher-prise progressif associé à la tristesse. Il s’agit d’une période de transition entre un ancien récit et un nouveau, une mise à jour du rapport au monde qui a lieu généralement dans le silence et l’introspection, avec l'encouragement de l’organisme. Dans notre société, le deuil pouvant facilement être pathologisé ou remplacé par des substituts artificiels, c'est-à-dire tout ce qui peut nous permettre de détourner notre attention et nous amener vers des comportements contrôlants ou addicts, il peut dans certains cas mettre beaucoup de temps à se faire. Habituellement, le deuil est associé à la mort d’un proche, mais il a en réalité lieu à chaque fois qu’il est question de lâcher avec sérénité quelque chose qui a eu de l’importance pour nous. Il ne s’agit pas d’un acte de dépit ou de résignation, mais bien d’un choix délibéré et porteur de sens. Lorsqu’un deuil a réellement eu lieu, ce qui a été laissé est toujours remplacé par quelque chose de nouveau : il y a une renaissance. Et c’est justement ce qui permet de différencier le deuil de l’attitude du renard dans la fable « le Renard et les raisins » de La Fontaine, qui, ne pouvant atteindre des raisins appétissants, car ils sont trop hauts, s’autopersuade que de toute façon, ils ne sont pas bons et qu’il n’en voulait pas. Le deuil consiste donc à abandonner le passé au passé et à reconnaître que quelque chose ne se trouve pas dans notre zone d’influence légitime, pour laisser la place au futur et s’ouvrir à un champ d’action où l’on pourra réellement faire l’expérience de notre puissance. Le processus du deuil est nécessaire pour pouvoir réellement accéder au pardon , lorsque nous avons subi un préjudice d’autrui.

Ego

L’ego est l’interface fonctionnelle avec le monde, le sous-produit de l’incarnation, la friction nécessaire à la manifestation de l’expérience consciente. Ses invariants  ontologiques peuvent être décrits via certains modèles intégraux comme la trialectique  de Gérard Gigand. L’ego a ceci de paradoxal qu’il est à la fois absolument nécessaire, et en même temps, qu'il est le seul problème et le seul adversaire que qui que ce soit n’aura jamais, humain ou non-humain. L’ego prend plusieurs formes et peut être partiellement dépassé de différentes façons. Sans faire une liste qui ne serait de toute façon pas exhaustive, l’ego peut être mis en évidence par le fait qu’il peut disparaître partiellement ou se remodeler sans conduire à la mort ou à une impasse structurelle. Pour le dire simplement, lâcher le contrôle et se détendre ne conduit pas à l’apocalypse. Lorsque l’ego semble disparaître, il ne fait que se remodeler dans une forme plus subtile, plus proche de l’ essence . Le risque est alors que le différentiel soit subjectivement vécu comme tellement fort que la croyance d’un dépassement réel voire définitif de l’ego s’installe, et c’est alors que peut commencer l’ego spirituel. Le dépassement ultime et définitif ne pouvant se faire qu’à l’échelle collective et même universelle, et sa conséquence ne pouvant être qu’un retour à l’Origine, c'est-à-dire au Néant Créateur, il y a de fait une infinité de stades d’intégration de l’ego, et l’Éveil de l’un peut parfaitement être la crise d’adolescent de l’autre. D’ailleurs, la plupart des sous-cultures anticonformistes se voient comme éveillées par rapport aux autres, et ont leur propre vocabulaire pour nommer cet Éveil.

Émergence

Apparition de nouveaux comportements et propriétés dans un système , de façon spontanée via la multiplication des interactions, et sans que le phénomène puisse être anticipé via l’analyse des conditions initiales. Le phénomène d’émergence se produit toujours après le dépassement d’un seuil critique  donné du système, via le franchissement d’un point de bascule . Cependant, le franchissement d’un point de bascule n’implique pas nécessairement l’émergence de nouvelles propriétés, mais peut au contraire provoquer la disparition ou l’inhibition de propriétés actuelles. Le phénomène d’émergence en lui-même correspond à une complexification  du système.

Entropie

L’entropie correspond à l’augmentation progressive du niveau de désordre, de chaos, de perte d’informations et de capacité d’organisation dans un système , et, par extension, dans l’univers entier. C’est en raison du principe d’entropie que la physique moderne considère généralement que plus nous avançons dans le temps, plus nous nous dirigeons vers la mort thermique de l’univers. L’entropie est une conséquence directe de la deuxième loi de la thermodynamique, que l’on peut trouver formulée ainsi sur Wikipédia : « Toute transformation d’un système thermodynamique s’effectue avec augmentation de l’entropie globale incluant l’entropie du système et du milieu extérieur. On dit alors qu’il y a création d’entropie. Dans un système isolé, l’entropie est une fonction qui ne diminue pas avec le temps. » Dans le jargon de la complexité , en particulier en biologie, la vie est souvent décrite comme un système dissipatif qui, pour maintenir l’ordre à l’intérieur de lui-même, génère de l’entropie à l’extérieur de lui. Le principe opposé de l’entropie est la néguentropie . Pour le résumer simplement, l’on pourrait dire que l’entropie est un principe de mort et de désagrégation, là où la néguentropie est un principe de vie et d’organisation. Dans l’état actuel des connaissances humaines, il semble que dans l’univers, le désordre augmente de plus en plus, globalement, et l’ordre augmente de plus en plus, localement. Les deux dynamiques sont en réalité complémentaires et interconnectées.

Equilibre de Nash

Ce concept provient de la théorie des jeux, un domaine des mathématiques. Il s’agit d’un état dans lequel différents acteurs obtiennent un gain optimal dans un certain système et compte tenu des choix des autres joueurs. Aucun joueur ne peut obtenir un gain supérieur en changeant sa décision tout seul, tant qu’il reste dans le système  et que les autres joueurs ne changent pas leur propre décision exactement en même temps que lui. Un système possède souvent plusieurs équilibres de Nash possibles, et il peut exister des équilibres dans lesquels les gains de certains joueurs, ou même les gains de tous les joueurs, sont meilleurs que dans un autre équilibre. Ce concept permet de décrire pour quelle raison des blocages systémiques peuvent exister dans les organisations : maintenir la structure actuelle est plus avantageux pour tout le monde, à moins que tous ne changent leur stratégie de façon coordonnée. Cependant, dans le monde réel, un système n’existe jamais en vase clos. Les interactions avec d’autres systèmes, ou les interpénétrations entre systèmes, peuvent ainsi venir perturber les équilibres de Nash et créer des situations d’instabilité pouvant générer à terme un nouvel équilibre.

Esprit

Élément du ternaire : corps / cœur / esprit . Dans la volonté de relier la complexité  à la spiritualité et l’ésotérisme à travers la trialectique , l’esprit représente la capacité d’entendement, et permet d’effectuer un arbitrage entre l’expérience locale du corps et le désir transcendant du cœur, c'est-à-dire de trouver comment naviguer dans la matière pour accomplir la fonction supérieure de l’Être. Il permet l’abstraction, la description et la planification, ainsi que la temporalité et la causalité. Lorsque l’esprit est pleinement habité, les événements se déroulent de façon fluide, l’action est adaptée aux contextes mouvants.

Le principe universel auquel l’esprit est relié, c’est le discernement , c'est-à-dire la capacité de distinguer le Bien  du Mal  (compris dans le cadre de la SC). Il est relié au chiffre 3 , car il vient toujours arbitrer deux autres éléments via un troisième principe opératoire. Cette idée se retrouve même en mathématiques, car toute opération comporte aux moins deux éléments reliés par un opérateur, afin d’obtenir un résultat exprimant la relation entre ces éléments via l’opérateur : 1 + 2 = 3.

Essence

L’essence correspond au dépassement de l’ ego , ce qui se manifeste lorsque la conscience se détend et gagne foi  en l’existence. S’incarner dans son essence, c’est s’aligner un peu plus avec le Champ Nouménal . Dans les faits, il s’agit d’un continuum, qui n’est jamais stable ni définitif. Plutôt qu’une sorte d’état de détachement inébranlable et d’ataraxie qui peut relever d’une forme d’autohypnose et de fuite du monde, progresser vers son essence correspondrait plutôt, dans une approche raisonnable, fonctionnelle et intégrative , à un usage sain de ses préférences et focalisations égotiques, c'est-à-dire en synergie  avec le reste du monde. L’essence a eu de nombreuses appellations en fonction des courants, même si tous les termes ne signifient pas toujours exactement la même chose. En spiritualité, il est souvent question de l’Éveil. L’approche jungienne parlerait du "Soi", opposé au "Moi". C’est une notion qui n’est pas vraiment définissable ni mesurable dans un cadre matérialiste, mais l’incarnation dans l’essence s’observe très bien de manière empirique : c’est un état de détente, de cessation de la peur très manifeste qui peut venir ou repartir en seulement quelques secondes, y compris chez des personnes que l’on pourrait qualifier habituellement de très égotiques, si le contexte s’y prête. Avec un peu d’expérience, le changement d’état d’être est très palpable, c’est vraiment du « on/off ». Lorsque plusieurs personnes en tension entrent dans cet état d’être en même temps, la plupart des problèmes se règlent en quelques secondes et d’une façon très simple et élégante.

Flow synchronistique

Expérience subjective de cohérence globale de l’existence et du déroulé des événements, sans planification, ayant lieu lorsque l’ego  est suffisamment détendu et en confiance, et devient capable d’accueillir et de repérer les signaux faibles de la vie. Des événements d’une extrême précision, et semble-t-il statistiquement improbables, s’enchaînent alors. L’intelligence du champ nouménal  organise les événements, favorise les rencontres fertiles et les émergences  collectives, dans une fluidification systémique qui dépasse les capacités d’appréhension des modèles théoriques. Comment les cellules savent-elles comment s’associer et quoi faire à quel moment, pour faire fonctionner un organisme entier ? Aucune cellule, même la plus brillante, n’est capable de se représenter la chose, même grossièrement, et pourtant, tout cela fonctionne.

Foi

cadre de la SC.  La foi est une confiance profonde en la bienveillance de l’univers, et en la possibilité de trouver des solutions aux problèmes actuels, même si ces solutions ne sont pas directement visibles. La foi n’est pas la croyance, dans le sens où la croyance n’est souvent qu’une heuristique, ou même un pari. La foi n’a pas besoin de « raisons de croire » pour exister. Dans le cadre de la Systémie de la Conscience  toujours, la foi est considérée comme étant le seul domaine dans lequel un libre arbitre  existe réellement : nous sommes profondément libres d’accueillir la foi ou de la rejeter, en dehors de tout conditionnement et de toute forme de retour de l’extérieur. En effet, tout événement vécu de façon désagréable peut être vu comme une épreuve de la foi qui la renforce, ou comme le fait que la foi conduit à prendre de mauvaises décisions. La foi, lorsqu’elle est bien comprise, et non pas prise comme une croyance, semble être le plus sûr chemin vers le Bien , et donc vers l’harmonisation avec le champ nouménal . Elle permet même de court-circuiter, dans une certaine mesure, la nécessité d’intégration des niveaux de développement, qu’ils relèvent de la spirale dynamique , du développement de l’ego ou d’autres métriques, puisqu’elle aide à trouver son juste positionnement depuis son état actuel. Mais à chacun de se faire son propre avis.

Génératif

un système  génératif est un système dont la structure permet, par design, de générer des comportements complexes , diversifiés et émergents . Il est généralement structuré autour de quelques règles simples mais combinables et permet de créer de nombreux degrés de liberté. Par exemple, le « jeu de la vie » de John Conway, que vous pouvez facilement tester via une recherche internet, permet de générer des phénomènes sophistiqués et organisés à partir de seulement deux règles. De nombreux jeux vidéos basés sur un gameplay systémique permettent ainsi l’émergence de phénomènes non prévus par les développeurs lorsque l’on expérimente avec leurs règles. Les systèmes de gouvernance décentralisée , intégrative  et/ou organique doivent ainsi nécessairement intégrer dans leur structure de la générativité pour offrir une liberté réelle à leurs acteurs et permettre une adaptation aux évolutions de l’environnement sans mettre en péril la structure globale.

Hard problem

Le « hard problem », ou « problème difficile », est une question que les chercheurs en science cognitives se sont posée concernant l’émergence de la conscience. Le « problème facile » consiste à trouver des corrélations robustes et reproductibles entre l’activité cérébrale et les phénomènes de conscience. Même si ce « problème facile » ne l’est en réalité pas du tout, des avancées déjà très significatives ont eu lieu en seulement quelques décennies, entre autres grâce à l’usage des IRM. De nombreuses corrélations ont pu être établies, et de nombreux prototypes d’interfaces neuronales sont déjà fonctionnels. Le problème difficile, en revanche, consiste à comprendre comment l’activité cognitive peut se traduire en une expérience subjective qui fait qu’il y a quelque chose qui « sent ce que ça fait de percevoir ». Cela revient à se demander pourquoi nous ne sommes pas simplement des « zombies philosophiques » ou des « machines très complexes  mais sans vie intérieure ». Pour le moment, les sciences cognitives n’ont pas produit le moindre progrès dans la résolution de ce problème. Certains matérialistes très convaincus considèrent simplement que le problème ne relève pas de la science, ou même ne parviennent pas réellement à percevoir en quoi il s’agit d’un problème. Certains philosophes dit « illusionnistes de la conscience » vont même jusqu’à proposer que la conscience subjective n’existerait pas. C’est une position que je n’ai jamais vraiment comprise, car il me semble que s’il y a une seule chose dans l’univers qu’on ne peut pas nier, c’est bien l’existence de notre propre perception ; mais j’imagine que ça peut être vu comme un moyen radical de sauver le matérialisme en niant purement et simplement ce qui y échappe. D’autres encore, optimistes, pensent qu’en faisant plus de recherches, avec de meilleurs outils ou de meilleures théories, nous aurons un jour la réponse. La systémie de la conscience  propose, pour sortir de cette impasse, d’admettre simplement les limites du paradigme  matérialiste et de poser que la conscience est le substrat premier de l’univers, à l’intérieur duquel la matière se manifeste.

Holarchie

Voir «  invariant holarchique  » dans la partie « les formations ».

Homéostasie

L’homéostasie correspond à un état de stabilité dynamique d’un système . C’est une configuration qu’il tend à retrouver naturellement lorsqu’il est perturbé par son environnement. La guérison progressive des blessures correspond ainsi à un retour à l’homéostasie du corps, à une configuration qu’il cherche à « retrouver ». Elle explique aussi pourquoi les systèmes, sauf moment particulier ou configuration particulière, tendent à résister au changement. Elle est liée au principe d’inertie. Un système tend à préférer retrouver un état connu quoique inconfortable plutôt qu’expérimenter un nouvel état inconnu qui pourrait ne pas être viable et donc mener à la mort du système. Ceci étant dit, l’homéostasie n’implique pas nécessairement un état figé. Elle peut aussi être cyclique : respiration, rythme des saisons, alternance entre sommeil et éveil et ainsi de suite. Les démarches intégratives , dans différents domaines, peuvent permettre de concevoir des systèmes bien plus « méta-stables », qui peuvent conserver leur stabilité générale tout en pouvant se reconfigurer facilement, notamment via un ensemble de principes structurants, que l’on peut appeler «  invariants  » ou « méta-principes », ou en encore « principes génératifs  ». D’une manière générale, un tel système est très plastique car, peu importe sa configuration, il reste toujours connecté à sa raison d’être  ou pour le dire autrement, son attracteur  principal.

Hypnose

Procédé par lequel la conscience modifie sa façon de filtrer son expérience et donc son rapport au monde. L’hypnose peut être un phénomène auto-induit, ou induit par l’environnement. Un bon procédé hypnotique va neutraliser certains niveaux d’attention, et en sur-stimuler d’autres. Par exemple, le tambour chamanique, par son bruit et ses vibrations, neutralise la pensée conceptuelle et augmente la conscience du corps. Sa puissance et sa répétitivité favorisent le centrage sur le moment présent et peuvent faire entrer dans un état légèrement somnolent. Quant aux autres bruits, sources de distraction potentielle, ils deviennent difficilement audibles. Lorsque la conscience d’un individu se trouve dans un état de focalisation important, on peut dire qu’il est en transe hypnotique, même s’il n’y a pas à proprement parler d’état dans et d’état en dehors de la transe. La transe fait ainsi office d’ attracteur  systémique pour la conscience. Le langage courant est un procédé d’hypnose légère permettant d’induire des micro-transes successives chez les gens auxquels nous nous adressons. La maîtrise de cette « technologie symbolique hypnotique » explique en bonne partie le succès spécifique de l’espèce humaine, mais le principe général peut être appliqué à toute forme de communication et d’échange d’informations, même entre des systèmes non-humains.

Individuation

Processus, initialement décrit par Jung, par lequel l’individu accède à un lien plus direct avec le Soi (voir Essence  et Champ Nouménal ). L’individuation, qui est une étape importante dans l’intégration du niveau jaune de la spirale dynamique , même si les équivalences ne sont pas nécessairement parfaites, est à différencier de l’individualisme, qui est plutôt une étape associée au niveau orange. Dans les faits, il s’agit de processus très différents. L’individualisme correspond à une priorisation de ses désirs propres et de son autonomie sans nuire proactivement aux autres ni violer les règles permettant de maintenir l’ordre social. Il s’agit donc d’une posture pragmatique, voire stratégique, qui n’implique pas nécessairement une indépendance d’esprit réelle, car l’individualiste peut être très conformiste s’il y trouve son intérêt et qu’il estime qu’il s’agit de sa meilleure option. La personne qui entre dans son individuation, en revanche, se reconnaît une puissante mission de vie, et se met à exprimer quelque chose de très singulier, de « profondément elle », et ceci malgré la pression sociale du groupe à la conformité qui ne manque souvent pas d’arriver. Si les débuts peuvent être assez compliqués et générer des tensions avec l’entourage, l’individuation est réellement achevée lorsque cette mission de vie s’incarne dans une œuvre et des actes qui trouvent leur écho dans le monde. La divergence et la singularité deviennent l’incarnation de ce dont le monde avait vraiment besoin. Il s’agit donc, à l’échelle individuelle, d’une mise en synergie , véritablement systémique , avec le reste du monde. Les actes sont alors nourris par la motivation intrinsèque, qui n’est plus bridée par la peur du rejet ou de l’échec. À ce jour, mon expérience semble indiquer que tout le monde peut théoriquement accéder à l’individuation, et qu’il n’y aurait pas de personnes pour qui la poursuite de la motivation intrinsèque, si elle a lieu sans mécanismes compensatoires trop importants, entrerait nécessairement et définitivement en opposition avec ce à quoi le reste du monde aspire, si bien sûr il n’est pas question d’aider le monde entier, mais seulement la partie du monde qui se trouve dans notre zone d’influence légitime. C’est généralement la poursuite de l’individuation qui pousse les individus à dépasser le niveau vert, car les milieux verts peuvent décourager fortement ce processus, souvent sans malveillance d’ailleurs. Mais cette prise d’indépendance peut être vue comme un egotrip, ou comme une tentative d’amener le groupe dans une direction dans laquelle il ne veut pas aller. Si le début de l’individuation peut être un chemin assez, voire très solitaire, la fin de l’individuation ramène nécessairement au collectif d’une façon ou d'une autre. Dans le cas contraire, il est probable qu’il y ait eu un blocage quelque part dans le processus, ou qu’il ne se soit agi que d’une simple isolation.

Intégratif

Une approche est intégrative lorsqu’elle permet d’harmoniser des polarités  ou des niveaux d’organisation  sans les faire disparaître, les diluer ou nier leur utilité propre. Par exemple, l’émulation collective correspond à une harmonisation des principes de coopération et de compétition. Chacun essaye d’obtenir les meilleurs résultats pour remplir un objectif, mais chaque avancée peut être partagée par le groupe et intégrée par le groupe, avec des phases de régulation et de décision collective. De la même façon, il est possible d’harmoniser les différentes échelles de décision dans une organisation, du plus abstrait et global au plus concret, sans tomber dans une vision purement horizontale sans direction claire et leadership, ni dans une vision purement verticale avec des dirigeants autoritaires et débordés, et des exécutants aliénés et frustrés.

Intelligence collective

Intelligence émergente  issue de l’agrégation des intelligences individuelles. L’intelligence collective peut être synergique , et dans ce cas elle dépassera, parfois de très loin, l’intelligence de n’importe lequel des individus qui la compose, et même l’addition linéaire de chacune de leurs intelligences, ou bien elle peut être anti-synergétique, et dans ce cas, elle sera moins intelligente que certains ou même la totalité de ses membres. C’est ainsi qu’il est possible de parler à la fois « d’intelligence des foules » et de « bêtise des foules » en fonction de la situation et du phénomène étudié. Selon l’approche de l’intelligence collective de Jean-François Noubel, il existerait quatre grands types d’intelligence collective :

L’intelligence collective en essaim : Intelligence des troupeaux, des ruches, des nués d’oiseau et de foules humaines. Chaque individu suit un ensemble de règles souvent très simples, et assez souvent inconscientes, sans réelle perception de la structure d’ensemble. L’organisation générale émerge de façon purement organique. Ces phénomènes peuvent souvent être reliés à des processus de sélection naturelle : les individus ont été sélectionnés au fil du temps lorsqu’ils manifestaient spontanément des comportements permettant de s’intégrer dans des formes d’intelligence collective en essaim. Elle peut être favorisée par des phénomènes de stigmergie . Dans le fonctionnement en essaim, chaque individu ne possède qu’une très faible autonomie et individualité, et chacun est facilement remplaçable.

L’intelligence collective originelle : Intelligence des relations familiales, amicales et du fonctionnement en tribu. Chaque individu connaît personnellement les autres et se trouve dans un rapport de réciprocité direct avec chacun d’entre eux. Cela permet des échanges fluides, organiques et horizontaux et un suivi facile des « dettes implicites » sans nécessité de s’organiser de façon formalisée et de tenir des comptes, car les éventuels profiteurs sont facilement repérés. C’est un fonctionnement qui peut sembler très naturel et agréable, mais la pression sociale peut aussi y être très forte, car la possibilité de dilution de la responsabilité dans le collectif est limitée. Le don est le mode d’échange naturel dans ce type d’intelligence collective, même s’il est attendu que chaque personne en mesure d’aider fasse sa part là où elle peut être utile. Ce modèle d’intelligence collective a le grand défaut de ne plus être praticable lorsque le quantité d’individus dépasse un certain nombre, souvent fixé autour de 150 personnes, et que l’on appelle le nombre de Dunbar. Il s’agit de la limite au-delà de laquelle il n’est plus possible de connaître personnellement chacun des individus avec lesquels on collabore.

L’intelligence collective pyramidale : Intelligence des organisations de grande envergure, typiquement supérieures au nombre de Dunbar, l’intelligence collective pyramidale émerge généralement dans les populations humaines avec la transition néolithique, et correspond au passage au niveau rouge dans la spirale dynamique . Ce type d’intelligence collective a aussi eu des déclinaisons en bleu et en orange. Il s’agit d’un mode de coopération dans lequel les rôles sont divisés entre chefs et exécutants, selon un modèle hiérarchique où plus le pouvoir s’applique sur une grande partie du système, plus le nombre de personnes à ce niveau de décision est faible. Chaque niveau commande l’échelon du dessous, et le tout redescend suivant la chaîne de commandement jusqu’à la base. Ce type d’intelligence collective a le grand avantage de pouvoir permettre la collaboration avec, potentiellement, un nombre presque illimité de personnes, au-delà même du milliard si l’on considère que les états les plus peuplés du monde fonctionnent bel et bien de cette façon. Mais il possède aussi plusieurs inconvénients, les principaux étant la rigidité du système et sa propension à créer des inégalités fortes et des enjeux de pouvoir. En modèle pyramidal rouge, la place du dominant étant convoitée, la système favorise les comportements psychopathes de la part de ceux qui sont au sommet de la pyramide, car ils doivent montrer qu’il est très risqué de remettre en question leur autorité. En modèle pyramidal bleu, l’accès aux positions hiérarchiques ne se fait en principe plus par la prise de pouvoir, mais par la naissance ou le temps long. Il n’y a plus le même degré d’instabilité et de prédation, mais le système  favorise l’incompétence de ses élites et crée une inégalité de nature. En modèle pyramidal orange, il est à nouveau possible de monter dans la hiérarchie, mais selon un principe de mérite : celui qui monte est celui qui obtient de meilleurs résultats en respectant les règles. Dans les faits, cela valorise surtout les comportements narcissiques et manipulateurs, de manière à donner l’impression d’une compétence plus importante qu’elle ne l’est réellement, ou pour flatter la personne qui peut nous accorder une promotion.

L’intelligence collective holomidale : Cette quatrième forme d’intelligence collective, qui vient de la fusion du mot « holon », c'est-à-dire quelque chose qui est à la fois un tout et une partie, et du mot « pyramidale », est en train d’émerger actuellement, et devrait fortement se développer durant tout le XXIème siècle. Cette émergence est caractéristique de l’arrivée du niveau jaune de la spirale dynamique  dans la société, mais il n’est pas nécessaire de comprendre et d’intégrer la vision du monde et les enjeux du niveau jaune pour participer à ce type d’intelligence collective. Elle trouve ses origines principalement dans l’apparition d’internet et sa mise en accès au grand public, mais elle est potentiellement déclinable dans tous les domaines. Il s’agit d’une sorte de synthèse intégrative des trois autres formes d’intelligence collective. Les individus s’organisent de façon à la fois structurée et souple, et surtout, de manière décentralisée. Des règles locales, correspondant aux enjeux de chaque groupe, sont harmonisées avec un méta-cadre global qui assure que personne ne puisse agir de façon autocratique sur la totalité du collectif. Ce méta-cadre peut être dans certains cas très explicite et « codé en dur », comme dans les réseaux blockchain ou certaines organisations autonomes décentralisées (DAO). Ce type d’intelligence collective favorise un fonctionnement synergétique , sans pilotage global ou feuille de route structurée, mais sans non plus le fonctionnement entièrement qualitatif de l’intelligence collective originelle, ou purement instinctif et sensoriel de l’intelligence en essaim. Il peut cependant présenter ses propres défauts : chaos informationnel, accélérationnisme difficilement contrôlable, multiplication des récits contradictoires… C’est ce qui a poussé certains observateurs à parler d’ère de la Post-Vérité. Certains des aspects les plus négatifs de ce nouveau mode d’intelligence collective semblent cependant plutôt associés à des formes hybrides où la centralisation est encore forte et donc la prise de pouvoir possible, comme avec les GAFAM.

Intelligibilité

Correspond au domaine de ce qui peut être mis en sens, interprété. L’on pourrait croire que l’on perçoit directement les informations reçues par nos sens, mais toute information est d’abord traitée et encodée par notre système nerveux avant d’être perçue. Il existe d’ailleurs des personnes dont les yeux fonctionnent parfaitement, mais dont la zone du cerveau permettant d’interpréter ce qui est vu est endommagée. Ces personnes sont aveugles, de la même façon que le serait une personne dont les yeux sont endommagés. L’apprentissage permet de créer ou d’étendre des domaines d’intelligibilité. Par exemple, le code d’un programme informatique est parfaitement intelligible pour un programmeur, mais sera totalement incompréhensible pour quelqu’un qu’il ne l’est pas. Il en est de même pour les langues, pour la sensibilité artistique, spirituelle, et d’une manière générale, pour tous les domaines de la vie. En spirale dynamique , l’accès à un nouveau vMEME , ou mème de valeur, correspond à l’accès à un nouveau niveau d’intelligibilité qui englobe les niveaux précédents. Les niveaux moins complexes  ne permettent simplement pas d’encoder certains des phénomènes qui peuvent être perçus par les niveaux plus complexes.

Interdisciplinaire

À ne pas confondre avec pluridisciplinaire  et transdisciplinaire  ! Une approche interdisciplinaire consiste à tenter de résoudre un problème en incluant les connaissances issues de plusieurs disciplines, en faisant dialoguer les disciplines et en cherchant les relations et points d’interconnexion. Les spécialistes ne se contentent plus de rester dans leur domaine, ils échangent pour tenter de faire émerger quelque chose de plus englobant que la simple somme de leurs spécialités. L’émergence du modèle biopsychosocial en médecine est un bon exemple d’approche interdisciplinaire. Cette approche est généralement valorisée au niveau vert de la spirale dynamique .

Invariants

Principes fondamentaux à la fois nécessaires et suffisants dans toutes les manifestations possibles d’un certain phénomène étudié. Logiquement, tout phénomène observable découle au minimum de deux principes invariants. L’étude des invariants permet de déterminer les conditions de possibilité minimales de quelque chose, dans tous les cas de figure possibles. Il s’agit donc d’une approche non subjective lorsqu’elle est bien faite, qui permet de diagnostiquer des dysfonctionnements, mais qui ne peut en revanche pas fournir de remède à elle seule sans poser de choix normatifs compatibles avec les invariants. Lorsque des invariants s’appliquent à tous les cas de figure de l’existence, il s’agit alors d’invariants universels. L’approche trialectique  de Gérard Gigand repose sur l’étude de trois invariants universels et de leurs dérivés. La systémie de la conscience  reformule et précise ces trois invariants et leur associe deux invariants supplémentaires afin d’intégrer les déplacements « horizontaux » ( transcendance ) et « verticaux » (contextes dynamiques) dans les mouvements de la conscience incarnée à l’intérieur de la conscience universelle, ce que la trialectique de base ne prend pas en compte explicitement.

Levier systémique

le battement d’aile d’un papillon, nous dit le proverbe, peut provoquer un ouragan à l’autre bout du monde. Un levier systémique est un élément précis d’un système  sur lequel il est possible d’agir afin de provoquer un changement général du système par accumulation d’effets en cascade et propagation , en investissant une quantité minimale d’énergie. Le levier systémique est un catalyseur souvent involontaire du système. Pensez à la mèche d’un bâton de dynamite et à l’allumette, c’est exactement le même principe : une toute petite action provoque un effet gigantesque ! L’effet boule de neige est un autre cas concret. Un levier systémique, pour être efficace, doit permettre de dépasser un seuil critique du système, au-delà duquel celui-ci ne revient plus naturellement vers son état homéostatique  habituel, mais tend à se stabiliser dans un nouvel état lié à un nouvel attracteur . Si une action directe ne suffit pas immédiatement à dépasser un seuil critique, une ou plusieurs actions indirectes peuvent être menées de façon à déclencher ou à amplifier des boucles de rétroaction  positives à l’intérieur du système. Bien évidemment, le fait de pousser un système à changer d’état n’est ni bien  ni mal  par défaut. Le système peut se réorganiser dans un état plus ou moins souhaitable, ou même ne jamais parvenir à se réorganiser, ce qui conduit à la mort  du système.

Libre arbitre

Le libre arbitre est ce qui permet de s’écarter de la perfection, et donc de la logique du Champ Nouménal , ou bien de s’en rapprocher. Il est la condition absolument nécessaire pour permettre l’existence d’une expérience incarnée et individuelle. Un monde parfait serait un monde sans autonomie et donc sans vie. La notion de libre arbitre telle qu’interprétée dans le cadre de la SC ne remet pas en question les lois de la physique et le déterminisme tel qu’il est compris habituellement. En réalité, l’immense majorité des événements de la vie ne sont pas sous notre contrôle, et ce n’est pas un paradoxe. Le libre arbitre porte seulement sur notre alignement ou non-alignement avec le champ, et toutes les nuances intermédiaires, depuis un contexte qui nous est imposé a priori. En fonction des individus et des périodes de la vie, un réalignement peut ainsi passer par des choix et des actes très différents et parfois quasiment opposés. Par ailleurs, le libre arbitre nous permet d’expérimenter différentes « lignes temporelles », c'est-à-dire autant de choix de vie amenant tous plus ou moins directement vers cet alignement. Il n’y a donc pas nécessairement de destin tout tracé et monolithique. La compréhension actuelle de la physique n’interdit a priori pas le libre arbitre, même si elle ne le démontre pas non plus. En physique quantique, il semble exister des probabilités réelles à certains événements, qui ne seraient donc pas simplement une abstraction mathématique liée à notre ignorance (voir les débats scientifiques sur les « variables cachées »). S’il existe bien des probabilités irréductibles dans l’univers, alors il serait tout à fait possible que le libre arbitre de chaque conscience influence les événements probabilistes de façon non-locale et au niveau quantique, de façon à modifier les événements à long terme et à grande échelle, et ceci sans provoquer d’anomalies statistiques qu’il serait facilement possible de démontrer empiriquement. La physique fonctionnerait toujours correctement, selon nos modèles actuels, mais des perturbations quantiques infimes et « statistiquement réalistes » provoquées par l’influence du libre arbitre déclencheraient des effets papillons qui se répercuteraient à terme sur des systèmes très vastes. Cela pourrait expliquer notamment les synchronicités (voir flux synchronistique ). Indépendamment même de l’aspect spéculatif de ces idées, qui finalement ne relèvent que de l’interprétation et de la tentative d’explication, j’en constate au quotidien l’immense applicabilité pratique et empirique.

Logique de second ordre

Initialement issue du domaine des mathématiques, la logique de second ordre concerne toute démarche logique qui consiste à remettre en question la méthode elle-même, les axiomatiques ou postulats avec lesquels on obtient de l’information, et non simplement l’information en suivant la méthode. Concrètement, si les résultats obtenus dans une situation ne valident pas nos prévisions, on peut mettre à jour ce que l’on pense connaître sur une situation (logique de premier ordre), ou bien mettre à jour notre façon de déduire de l’information de la situation, soit notre méthode d’accès à l’information elle-même (logique de second ordre). L’apprentissage en double boucle est directement issu des principes de la logique de second ordre. Il ne s’agit alors plus seulement de réussir à répondre à des questions ou résoudre des problèmes, mais de se demander par exemple s’il s’agissait de la bonne question à se poser ou du bon problème à résoudre. Certaines approches mentionnent aussi un apprentissage en triple boucle. Là où l’apprentissage en boucle simple permet d’ajuster les comportements, et l’apprentissage en double boucle permet d’ajuster le mode de pensée, l’apprentissage en triple boucle permet d’ajuster la perception des situations elle-même.

Mal

cadre de la SC.  Action ou déplacement de conscience qui diminue  l’harmonisation de la conscience individuelle avec le champ nouménal . Pour plus de détails, voir la définition du Mal dans l’onglet «  pour une spiritualité incarnée  ».

Mort

cadre de la SC.  Seul un système  peut mourir, mais de nombreux systèmes ne sont pas considérés comme vivants dans le langage habituel. Cependant, cette vision étendue de la mort recouvre entièrement la mort « commune » et ne fait que l’étendre plus loin. La mort correspond au processus par lequel un système atteint un stade au-delà duquel l’ entropie  générale gagne sur sa capacité à générer sa propre néguentropie . Les éléments qui constituaient le système se dispersent pour rejoindre d’autres systèmes. Un élément est toujours un sous-système, et certains sous-systèmes peuvent mourir eux aussi par effet de propagation , ce qui provoque de nouvelles désagrégations de façon fractale. La mort, c’est donc la cessation d’un système, mais c’est aussi une libération d’énergie qui va venir nourrir et rééquilibrer le Tout en rebattant les cartes. Ainsi, il est possible de voir la mort comme au service de la vie. Et c’est pour cela que l’intégration du deuil  est importante pour favoriser l’ auto-actualisation  et l’ actualisation  des systèmes en général, car certains sous-systèmes doivent nécessairement mourir pour permettre une réorganisation systémique plus générale, comme de vieilles croyances, de vieilles pratiques, de vieux schémas familiaux. Lorsque certaines traditions spirituelles parlent de mourir à soi-même de son vivant, il me semble que l’on touche à quelque chose de ce genre. Bien évidemment, la mort du corps physique relève du même principe, et je postule qu’il en est de même pour la conscience  individuelle.

Néguentropie

La néguentropie correspond à l’augmentation du degré d’ordre, d’organisation, de structure et d’information dans un système. La vie semble être un principe de l’univers structurellement et profondément néguentropique. Le paradoxe de la néguentropie, c’est que là où la seconde loi de la thermodynamique prédit que l’ entropie  générale, c'est-à-dire le niveau de désorganisation global, ne peut qu’augmenter avec le temps, l’accroissement de la complexité dans les systèmes vivants et dans de nombreux systèmes auto-organisés semble faire mentir ce principe, en tout cas à l’échelle locale. Il semble même que la néguentropie locale augmente de façon exponentielle depuis les débuts de l’univers, ce sur quoi le mouvement « accélérationniste » a beaucoup théorisé et spéculé, y voyant même dans certains cas le but en soi de l’univers et quelque chose de profondément souhaitable. Dans les faits, le paradoxe n’est qu’apparent, car l’entropie globale peut parfaitement être le moteur de la néguentropie locale et inversement.

Niveaux d’organisation

Ce concept englobe différentes notions telles que « niveau de réalité », « niveau méta », « niveau de conscience », « micro-méso-macro » et ainsi de suite, en fonction des domaines. Les niveaux d’organisation représentent différents niveaux de complexité et de hiérarchie structurelle dans les systèmes   complexes . Les niveaux d’organisation sont structurés de façon holarchique . Un niveau d’organisation plus complexe n’est pas « meilleur » qu’un précédent, il englobe simplement des réalités plus vastes, il est plus « macro ». Chaque nouveau niveau d’organisation est reconnaissable de par le fait qu’il valide plusieurs caractéristiques :

        — Propriétés émergentes : Il possède des propriétés que n’ont pas les niveaux précédents, appelées émergence.

        — Autonomie logique : Il possède sa propre logique et sa propre interface avec ses propres frontières. Tenter de forcer des logiques d’autres niveaux dans celui-ci crée des tensions et des dysfonctionnements.

        — Asymétrie de dépendance : Il est dépendant de l’existence et de la pérennité des niveaux précédents, mais les niveaux précédents peuvent fonctionner sans lui.

Paradigme

un paradigme est un système  de sens cohérent à l’intérieur de lui-même. Il s’agit d’une certaine représentation du monde. Tout paradigme possède son domaine d’ intelligibilité  et ses angles morts , tout paradigme est donc limité. Une vision paradigmatique  permet d’identifier des paradigmes, de conscientiser les paradigmes que l’on utilise et de tenir des raisonnements depuis plusieurs paradigmes différents de façon séquentielle, c'est-à-dire un paradigme après l’autre. Elle permet aussi de faire des synthèses, en analysant les informations obtenues depuis au moins deux paradigmes, via un raisonnement tenu depuis un troisième paradigme. Toute synthèse est nécessairement réductrice, puisque le paradigme de synthèse « réduit » les deux autres à l’intérieur de sa propre logique. La vision cross-paradigmatique  est plus complexe  et intégrative  encore, elle ajoute la capacité à analyser deux paradigmes ou plus de façon simultanée dans un même cadre général, en les tenant en tension, sans réduire ni transformer la logique interne de chacun.

Pardon

Processus de lâcher-prise qui correspond à l’étape ultime de l’auto-actualisation . Dans la systémie de la conscience, le pardon n’est pas à voir comme un impératif moral ou comme une acceptation ou minimisation du préjudice commis, mais plutôt comme une décision d’arrêter de faire vivre dans sa conscience d’anciennes tensions et d’anciennes structures qui impliquent autrui et nous ont fait souffrir. Le pardon est l’acceptation lucide et auto-empathique du fait que le passé ne sera pas réécrit, et que le préjudice commis ne sera pas réparé, (ou, en tout cas, que cela ne relève pas de notre volonté), mais que le futur, lui, n’est pas encore écrit.

Performativité

Quelque chose qui devient vrai par sa simple énonciation. De nombreux discours formels ou juridiques sont performatifs, par exemple « je vous déclare mari et femme ». Dans un cadre déconstructiviste, la performativité peut être analysée comme se trouvant dans toute forme de discours normatif, on pourra parler par exemple de performativité du genre. Cadre de la SC : le langage est un réseau de systèmes symboliques dont la vocation même est de devenir des attracteurs  performatifs. Ils orientent la conscience vers un aspect spécifique de la réalité et une façon spécifique de la filtrer. Cette fixation modifie la façon d’interagir avec la réalité, créant une boucle de rétroaction  dans laquelle le récit va se renforcer, ce qui renforce encore la fixation est ainsi de suite. Par exemple, ce lexique est performatif : en créant un cadre de cohérence général pour décrire la complexité , il permet à de nouveaux modes d’organisation et de nouvelles expériences existentielles d’apparaître progressivement dans le réel.

Phénoménologie

Principe popularisé et formalisé par Edmond Husserl, même si le terme en lui-même est plus ancien et que la démarche derrière le mot l'est d'avantage encore. La phénoménologie, est l’étude des phénomènes tels qu’ils apparaissent directement à la conscience. Certains courants postmodernes, inspirés par les influences orientales ésotériques (notamment autour de la non-dualité), adhèrent consciemment ou non à une approche phénoménologique des choses, comme moyen de dépasser le réductionnisme de la modernité et l’aliénation du mental. Dans « La Voix et le Phénomène », Derrida a critiqué la possibilité même d’une phénoménologie réellement pure de toute interprétation. Dans la sémantique générale , la perception phénoménologique correspond au « niveau des objets ». Il s’agit bien d’un niveau d’interprétation, mais il survient avant la description.

Pluridisciplinaire

À ne pas confondre avec interdisciplinaire  et transdisciplinaire  ! Une approche pluridisciplinaire consiste à tenter de résoudre un problème en ayant recours aux connaissances issues de plusieurs disciplines séparées. Cela prend souvent la forme d’une réunion ou d’un comité d’experts, et correspond généralement à une démarche orange en spirale dynamique , là où l’approche unidisciplinaire est plutôt associée au niveau bleu. La principale limite, c’est la difficulté à accorder les différentes analyses dans un plan cohérent. Généralement, chacun va gérer son domaine de spécialité et laisser les autres gérer le leur, avec des risques de friction lorsqu’il y a interdépendance ou recouvrement dans les approches.

Point de bascule

Moment de non-retour, après le franchissement d’un seuil-critique, où un système  entre dans une phase chaotique au terme de laquelle il va se réorganiser selon une nouvelle configuration, ou se désagréger. Dans le cas du psychisme individuel, l’on pourra parler de décompensation psychique, décompensation qui n’a pas toujours des effets négatifs, puisqu’elle est aussi le mécanisme de base permettant l’auto-actualisation . Pour les sociétés humaines, on parlera de révolution. Il est alors intéressant d’observer le parallélisme entre une révolution politique et une décompensation psychique, dans la mesure où le pattern sous-jacent est similaire. Une révolution peut donc être vue comme une décompensation psychique de l’égrégore culturel d’un peuple, d’une religion ou d’une nation.

Polarité

Point de tension invariant  d’un système . Comme pour tout ce qui concerne la complexité , les polarités ont une fonction paradoxale : elles déstabilisent les systèmes  en les tirant vers un extrême, mais dans le même temps, elles s’équilibrent habituellement avec d’autres polarités de façon dynamique, ce qui permet au système de rester vivant, adaptatif et équilibré. Ainsi, en politique, la distinction habituelle entre la gauche et la droite ne relève que d’une harmonisation émergente  entre un principe de stabilisation incarné par la droite, et un principe d’évolution incarné par la gauche, l’évolution sans stabilisation menant à la désagrégation, et la stabilisation sans évolution menant à l’inertie et l’inadaptation. L’harmonisation des polarités est un enjeu essentiel de la démarche intégrative. Cette harmonisation ne correspond pas à un compromis, une moyennisation ou un consensus mou, mais à une mise en synergie où chaque polarité remplit sa fonction sans contrecarrer l’autre. Les tensions entre polarités, parfois tragiques, peuvent être vues comme un compromis entre l’influence du champ nouménal  qui permet à l’expérience du vivant de continuer à avoir lieu, et l’ ego , qui souhaite transformer le monde à l’image de son point de vue situé. La compréhension de la dynamique des polarités permet d’obtenir le même effet émergent tout en évitant que les rééquilibrages systémiques se fassent par crises successives, la guerre ayant jusqu’ici souvent été la manifestation de ce mécanisme de rééquilibrage. Lorsque les egos ne parviennent pas à lâcher le contrôle, ils finissent par se retrouver en opposition les uns avec les autres et s'obligent mutuellement à lâcher, par la force ou la nécessité.

Propagation

Effet domino, ou effet en cascade. Lorsqu’un seuil critique  dans un système  est dépassé, il peut y avoir un mécanisme d’effondrement ou de restructuration rapide qui va provoquer le dépassement d’autres seuils critiques dans les systèmes voisins, et donc des restructurations en cascade. C’est de cette façon que la crise immobilière des subprimes en 2008 a pu avoir un impact majeur sur l’économie mondiale, même en dehors du domaine immobilier, car les différents systèmes économiques étaient interdépendants. Lorsqu’un systémicien tente d’identifier un levier systémique  et d’agir dessus, il espère généralement que son action va provoquer un phénomène de propagation qui aura un impact à grande échelle.

Qualia

Les qualia de la conscience sont des expériences subjectives qualitatives qui semblent échapper au matérialisme classique. Il s’agit d’un problème bien connu de nos jours en philosophie, en métaphysique et en sciences cognitives et qui touche au hard problem ** ** de la conscience. La science matérialiste est ainsi capable d’expliquer que la perception des couleurs correspond à la captation de certaines longueurs d’onde par les yeux, puis à une traduction de cette captation par le cerveau. En revanche, elle ne sait toujours pas expliquer comment il en résulte à l’arrivée une expérience subjective que l’on qualifiera par exemple de « perception de rouge ». De la même façon, il n’est pas possible de prouver que l’expérience subjective de rouge d’une personne est exactement la même que l’expérience subjective de rouge d’une autre personne. Deux personnes peuvent décrire ce qu’elles ont observé avec le même mot : « rouge ». Mais il se pourrait très bien que l’une perçoive le rouge de la même façon que l’autre perçoit le jaune. Mais ayant toujours eu l’habitude d’associer cette perception à du rouge, elle l’appellerait « rouge ». L’étude des qualia représente une rupture paradigmatique entre la métaphysique et la spiritualité d’un côté, et les sciences empiriques et même systémiques  de l’autre côté.

Raison d’être

Généralement utilisé dans les domaines de l’intelligence collective  et de la gouvernance décentralisée , parfois dans le cadre du développement personnel. Définir la raison d’être d’une organisation, d’un projet, ou sa raison d’être propre (que l’on peut aussi nommer « mission de vie »), c’est poser des mots sur ce que l’on estime être l’ attracteur principal dans ce que l’on fait ou ce que l’on veut faire. Cette démarche possède une dimension performative , c'est-à-dire qu’elle va orienter l’action dans le sens défini a priori par la raison d’être, validant ainsi cette dernière, toute la difficulté étant de trouver une raison d’être véritablement en cohérence avec l’organisation et les différents membres qui la composent. La raison d’être peut aussi servir de système de tri : les personnes qui souhaiteraient rejoindre l’organisation peuvent s’informer sur sa raison d’être pour déterminer s’ils sont alignés avec ou non. Il est donc nécessaire que la raison d’être soit suffisamment précise, opérationnelle et non consensuelle pour servir de système de tri réel. « Participer à la création d’un monde meilleur » n’est ainsi pas une bonne raison d’être, car il n’est pas précisé quel mode d’action particulier participe ou non à un monde meilleur, et personne ne souhaite a priori un monde « pire ». De plus, l’ambition est beaucoup trop vaste et vague, donc non opérationnelle. Voici par exemple la raison d’être actuelle de l’entreprise Buurtzorg, citée dans « Reinventing Organisations » de Frederic Laloux : « apporter un accompagnement plus adapté aux patients en fonction de leur situation personnelle, mettre en adéquation qualité, pertinence, quantité et valeur du soin tout en permettant aux intervenants de s’épanouir en tant que soignant et individu ». Certaines versions de leur raison d’être mentionnent aussi l’autonomie des personnes âgées, mais il s’agit peut-être de versions anciennes.

Réductionnisme

Le réductionnisme, c’est le fait d’observer les événements selon un seul axe de raisonnement, depuis un seul paradigme , et selon une vision basée sur la causalité linéaire plutôt que la causalité circulaire , avec un point de vue polarisé . Pour le décrire d’une façon elle-même réductionniste (exercice de la définition oblige), mais éclairante malgré tout, le réductionnisme tend à découper les événements entre coupables et victimes, à distinguer ce qui est fonctionnel de ce qui ne l’est pas, et à établir une norme saine et décrire ce qui diverge de cette norme comme autant de pathologies. Le réductionnisme permet l’économie cognitive, et est très performant dans des systèmes simples, ou même raisonnablement compliqués. Mais dans des systèmes  ouverts et complexes , il provoque indirectement l’amplification des tensions et déséquilibres globaux. Le paradigme de la complexité, correspondant au niveau jaune dans la spirale dynamique, tend à se construire en opposition au réductionnisme, ce qui peut, si la tendance est trop prononcée, conduire à une sorte de méta-réductionnisme. Ce niveau comporte ses propres limites et angles morts, et tend à avoir du mal à intégrer le fait que l’existence se déroule nécessairement de façon locale, contextuelle et linéaire. La compréhension des problèmes posés par le réductionnisme reste une phase de maturation essentielle malgré tout.

Seconde Boucle

Nouveau cycle civilisationnel de l'humanité, en cours d'émergence. La Seconde Boucle est un terme issu des travaux de Clare Graves sur l'Emergent Cyclical Levels of Existence Theory, ayant plus tard donné la [Spirale Dynamique](/lexique#Spirale Dynamique) . La définition précise de cette Seconde Boucle ou même son existence sont encore sujets à débat dans les communautés de praticiens de la Spirale Dynamique, même si, de mon côté, je n'ai aucun doute sur la pertinence de cette notion.

La première boucle représente pour l'espèce humaine un saut quantique majeur par rapport au reste du monde vivant, amorcé par une explosion de la complexité symbolique ayant abouti à la création des cultures et donc à un type d'intelligence collective tout à fait inédit. Cette nouvelle capacité a progressivement permis à l'espèce humaine d'habiter presque toutes les niches écologiques, d'exploiter et de dominer la nature à son profit.

Le principal avantage de cette faculté, c'est la capacité de transmettre les expériences vécues pas un individu à d'autres, et même de conserver la mémoire de ces expériences par delà la mort des individus les ayant vécues, même si la conservation ne peut évidemment jamais être parfaite. Le développement civilisationnel qui s'en est suivi a progressivement permis aux êtres humains de passer de la survie à la sécurité, puis de la sécurité à l'autonomie.

Les principaux besoins individuels ayant été comblés, l'être humain se rend compte alors que sa domination en apparence totale de l'écosystème planétaire devient une menace pour lui-même, car à l'échelle collective, il se comporte toujours comme une espèce invasive, malgré sa sophistication. Dans les écosystèmes, les équilibres sont maintenus via la spécialisation de la faune et de la flore, et les rapports de force entre les différentes fonctions assurées par les espèces. il en émerge une intelligence collective du vivant, même si aucun individu ne possède une conscience directe du système extrêmement complexe auquel il contribue, et qu'il cherche simplement à assurer sa survie et à satisfaire ses besoins.

Dans le cas de l'espèce humaine, cet équilibre a été rompu, en tout cas en apparence. N'ayant plus de prédateurs naturels, et étant capable d'exploiter une grande diversité de ressources et de s'adapter, la pression de l'espèce humaine sur l'écosystème planétaire n'a fait que s'accroître, avec le risque de plus en plus clair et imminent de dépasser les capacités de résilience de cet écosystème.

La suite logique serait l'exploration spatiale et la création d'une civilisation humaine interplanétaire, mais cela représente un défi technologique largement au delà de nos capacités actuelles. Il est très vraisemblable que ce rêve reste durablement hors de notre portée si les limites planétaires génèrent des crises à répétition et empêchent la suite de notre développement.

Face à cette impasse, quatre scénarios se profilent, que l'on peut analyser avec la grille de la spirale dynamique :

L'effondrement : Nous nous faisons réguler par l'ecosystème planétaire, par incapacité de maintenir des formes d'organisation complexes et nécessitant de grands apports en énergie. Les civilisations disparaissent, c'est un retour massif pour l'espèce humaine au niveau Rouge, ou en dessous. La population mondiale diminue fortement, et les hommes vivent à nouveau en clans ou tribus. Dans les scénarios les plus pessimistes, l'espèce humaine pourrait s'éteindre, et les règles habituelles de la vie reprendraient leur cours.

La stagnation : L'humanité se stabilise progressivement entre les niveaux Bleu et Orange. Le Bleu permet de maintenir l'ordre social malgré les pénuries, et l'Orange de continuer à innover pour trouver de nouvelles technologies afin d'exploiter de nouvelles ressources. Cela permet uniquement de compenser la raréfaction des ressources déjà exploitées et la dégradation des écosystèmes. Le monde sera probablement très inégalitaire et ressemblera beaucoup à une dystopie cyberpunk, et nos modes de vie seront peu sains. Mais au moins, nous continuerons à bénéficier d'un certain confort matériel et des apports de la civilisation.

La sobriété heureuse : L'humanité se stabilise progressivement entre les niveaux Orange et Vert, et entame une décroissance économique progressive. Le Orange permet de continuer à faire fonctionner les infrastructures modernes et d'assurer une logistique qui empêche la flambée des prix. Le Vert permet d'assurer un mode de vie aussi agréable que possible malgré la récession économique, en faisant « mieux avec moins», notamment via la pratique du low-tech, et en mettant en avant d'autres valeurs que la recherche d'accumulation matérielle, comme le bien-être et la qualité relationnelle, pour donner du sens à sa vie. Les systèmes de valeur Orange et Vert s'accusent mutuellement de l'état actuel des choses, mais restent dépendants l'un de l'autre pour maintenir une situation supportable et éviter d'entrer dans le scénario cyberpunk de la stagnation. Il s'agit probablement du scénario le plus instable, et sur le long terme, il pourrait dériver vers la stagnation, ou vers le scénario de la Civilisation Synergétique.

La Civilisation Synergétique : Il s'agit du seul scénario où l'humanité parvient à franchir la Seconde Boucle. L'humanité effectue un saut à la fois technologique et spirituel considérable. Pour la première fois, elle parvient à sortir de statut d'espèce invasive pour devenir une régulatrice consciente des écosystèmes, capable d'utiliser d'user de sa domination sur le reste du monde vivant avec bienveillance et responsabilité. Ce monde là devrait beaucoup ressembler aux utopies Solarpunk. L'opposition entre nature et culture, ou entre nature et technologie, est dépassée et transcendée. La technologie s'harmonise naturellement avec les règles et cycles naturels, notamment via la maitrise généralisée des sciences de la complexité et des technologies intelligentes et autonomes. L'intelligence collective holomidale devient la nouvelle norme à l'échelle civilisationnelle.

Voici les principales caractéristiques qui semblent émerger en ce qui concerne la Seconde boucle. Il est à noter que la Seconde Boucle ne désigne pas seulement le niveau jaune de la Spirale Dynamique, mais doit dans l'idéal décrire la dynamique générale des cinq niveaux qui suivent aussi. La plupart des ces niveaux étant encore très spéculatifs ou même probablement inexistants sur notre planète, la démarche est à prendre avec des pincettes :

— La seconde boucle se base sur le fonctionnement synergique et même symbiotique conscient et généralisé. Niveau après niveau, elle permet une progression vers une maîtrise collective de plus en plus complète du chaos, ce qui représente sa grande thématique. L'humanité cherche à développer l'émergence de structures complexes de plus en plus larges, qui finissent véritablement par avoir une existence autonome.

— Au niveau psycho-spirituel, l'être humain acquière une compréhension avancée de ses ombres et de son ego, et s'ouvre aux dimensions transpersonnelles de l'existence. Il n'est plus identifié à sa personnalité, à son contexte immédiat et à ses peurs, mais à ce que certaines spiritualités nomment « l'Observateur ». Les guerres, la prédation et les jeux de domination disparaissent d'une façon quasi totale sous la forme dans laquelle nous les connaissons actuellement. Ce gain de sagesse et d'humilité permet à chacun de trouver naturellement sa juste place dans des dynamiques complexes et mouvantes, afin de s'inscrire dans l'intelligence collective humaine, puis dans celle de l'existence en général.

— Au niveau technologique, la complexité est largement maîtrisée et automatisée, notamment via l'IA qui devient absolument omniprésente. Notre technologie se met à ressembler de plus en plus à une nouvelle forme de vie artificielle, parfaitement intégrée dans les écosystèmes. Même nos habitations pourraient être conçues avec des matériaux « vivants ».

— Au niveau culturel, l'être humain se vit au service de la diversification et de l'interconnexion des différentes dimensions de l'existence, à travers son expérience individuelle. La vie sociale vise la coopération et l'exploration du champ infini des possibles.

— Au niveau artistique, les œuvres permettent d'accéder à des expériences transformatrices, et facilitent la capacité à « sortir de soi-même » et à se connecter à d'autres niveaux d'attention.

Sémantique générale

La sémantique générale est une approche interdisciplinaire développée par Alfred Korzybski, qui tend vers la transdisciplinarité. Elle vise à étudier et améliorer la manière dont les êtres humains utilisent le langage et les symboles, en partant de l’idée que beaucoup de conflits, d’erreurs de raisonnement et de rigidités psychologiques proviennent d’une confusion entre les mots, les représentations et la réalité, ce qui est résumé dans la formule : « la carte n’est pas le territoire ». La sémantique générale permet de distinguer les différents niveaux d’abstraction dans le rapport au monde, de détecter les généralisations excessives, et d’une manière générale, de relier un cadre d’interprétation à un moment et un contexte. Le rapport à la réalité est ainsi vu comme une démarche processuelle, qui s’accorde avec la cybernétique  et la logique de second ordre , même si ces démarches sont historiquement postérieures à la sémantique générale. Le langage et les énoncés ne peuvent ainsi pas être « vrais en soi », ils ne font qu’inférer une réalité par nature inaccessible dans toute son exhaustivité, et ceci dans un contexte toujours limité. La sémantique générale est un bon outil pour intégrer la complexité , et éviter le réductionnisme .

Seuil critique

Limite d’un système au-delà de laquelle est franchi un point de bascule . Par exemple, le « nombre de Dunbar » représente le seuil au-delà duquel l’être humain moyen n’est plus capable de connaître personnellement d’autres êtres humains de son environnement social. Ce nombre tourne autour de 150, même s’il peut varier en fonction des individus. Au-delà de ce seuil, les groupes humains, pour s’organiser ensemble, ne peuvent plus fonctionner de façon purement horizontale et selon des principes de réciprocité directe, et doivent trouver d’autres modes d’organisation, sous peine que le groupe ne se délite. Il existe de nombreux seuils critiques dans tous les domaines de l’existence et à tous les niveaux, et le dépassement de ces seuils est toujours lié à l’émergence ** ** de nouveaux modes d’organisation, selon une logique holarchique .

Spirale dynamique

Le modèle de la spirale dynamique décrit l’évolution de la façon dont les êtres humains se représentent le monde et s’organisent à travers huit niveaux de valeur, ou vMeme , où chaque nouveau niveau transcende et inclut les précédents. Pour plus de détails, voir le résumé du modèle dans « des œuvres qui ouvrent la conscience ».

Stigmergie

Phénomène d’intelligence collective   émergente  typique de l’intelligence collective en essaim, et reprise dans l’intelligence collective holomidale, mais aussi détournée par le nudging (où l’on cherche à influencer le comportement des gens en agissant sur leur environnement). La stigmergie, c’est le fait qu’une modification de l’environnement matériel ou informationnel par un certain acteur va modifier progressivement le comportement des acteurs suivants et créer des phénomènes de renforcement qui peuvent permettre l’émergence de processus de coopération complexes  sans planification ou commandement centralisé. C’est le cas par exemple des pistes de phéromones laissées par les fourmis lors de leurs déplacements, que les fourmis suivantes suivent, et qui leur permettent de trouver plus facilement de la nourriture. Par un mécanisme de tâtonnement et de renforcement progressif, les pistes les plus courtes et directes se chargent de plus en plus en phéromones, tandis que les pistes moins intéressantes, moins empruntées, ou ne permettant pas de faire la même quantité d’allers-retours dans un même temps, sont progressivement délaissées. Les termitières sont aussi construites selon des principes stigmergiques, sans qu’aucune termite n’ait conscience de participer à un plan de construction global. Certains éléments de l’économie de marché peuvent être considérés comme stigmergiques, notamment le rapport entre l’offre et la demande qui provoque des ajustements dynamiques en fonction de la disponibilité des ressources ou de leur désirabilité.

Dans les fonctionnements en réseaux décentralisés, la stigmergie est un principe clé. Sur wikipédia, n’importe qui peut modifier des articles de façon spontanée, mais il laisse une trace de ses activités à laquelle auront accès les prochains utilisateurs. Ainsi, l’encyclopédie en ligne grossit et se complexifie, en théorie sans planification centralisée. Dans la pratique, il semble y avoir un certain degré de centralisation dans le fonctionnement de Wikipédia cependant. Pour que l’intelligence collective décentralisée puisse se déployer sans sabordage ou prédation, la nécessité de laisser des traces de nos activités est la clé. La stigmergie peut être directement intégrée dans le système  dont se sert l’utilisateur, il n’est alors pas possible de « tricher ». C’est le cas notamment dans les systèmes blockchain.

Synergie

Fonctionnement à la fois différencié et complémentaire entre deux entités. Il y a synergie lorsque l’association de ces deux entités permet de faire des choses qui dépassent les capacités de chacune de ces entités séparément, même en additionnant leurs effets. La synergie est le principe de base derrière l’émergence de l’intelligence collective, que ce soit chez les êtres humains, dans le vivant en général ou même dans n’importe quel système  composé d’éléments généralement considérés comme non-vivants. Les phénomènes de synergie émergent  généralement de façon spontanée, même s’ils peuvent aussi être provoqués. De nombreuses règles sociales, appliquées dans les sociétés basées sur la loi et l’ordre, et actuellement considérées comme rétrogrades et discriminatoires, avaient en réalité comme fonction implicite de généraliser et de figer des fonctionnements synergiques entre différentes catégories de la population. Ce mode de fonctionnement, s’il avait ses vertus, présentait aussi des limites majeures, les deux principales étant l’absence totale de prise en compte de la temporalité et des dynamiques, ainsi que l’effacement des particularismes individuels. Dans un monde relativement stable, cela pouvait fonctionner, au prix de jeux de pouvoir et de la persécution des minorités et des récalcitrants. Mais dans un monde moderne bien plus complexe et chaotique où les choses peuvent évoluer radicalement en quelques années, c’est devenu inadapté. C’est pour cela que le paradigme  de la complexité  a pour ambition de permettre la prise en compte des synergies à petite échelle, sans forcer les comportements, mais bien au contraire en créant des systèmes génératifs  où les synergies émergent spontanément via les choix libres des acteurs.

Système

Ensemble d’éléments qui interagissent entre eux de façon cohérente et dynamique, en formant un « tout ». Tout système tend à maintenir une cohérence interne, c'est-à-dire à définir un intérieur et un extérieur du système. Cela implique la capacité à se réorganiser en fonction des interactions avec l’extérieur. Tout système se réorganise sous l’influence d’un ou plusieurs attracteurs  vers lesquels il va tendre. Par exemple, si la chenille est un système, le papillon est un attracteur de ce système. On parle alors de téléonomie  du système.

Systémie de la Conscience

Approche intégrale de la systémie  et de la complexité , visant à rendre toutes les approches complexes intégrables dans un même cadre général. La systémie de la conscience propose deux ruptures essentielles qui sont généralement rejetées dans les cadres complexes habituels, pour des raisons épistémiques, et par peur de tomber dans la religion ou le spiritualisme. Premièrement, la conscience est posée comme principe fondamental structurant pour penser tout le reste. L’idée de départ est simple : tout ce qui se produit, se produit d’abord comme expérience dans la conscience, ou, si l’on veut être encore plus rigoureux, tout ce qui peut être interprété l’est d’abord à partir de la conscience. Deuxièmement, une téléologie  générale de l’univers, et non pas une téléonomie , est assumée : l’univers est un Tout global conscient qui explore sa propre nature et ses propres potentialités infinies par l’illusion fonctionnelle de la conscience individuelle. L’univers tend naturellement à explorer de plus en plus d’expériences différenciantes tout en intégrant de mieux en mieux ces expériences par la mise en lien de différentes consciences et l’augmentation du fonctionnement synergique  entre ces consciences. Le libre arbitre  doit ainsi être posé comme condition nécessaire à la formation d’une conscience réellement individuelle, libre, distincte du Tout, sans pour autant contredire le principe téléologique et l’Unité Primordiale. La liberté repose sur la possibilité de s’écarter de la téléologie du champ nouménal , mais permet aussi de s’harmoniser avec ce champ dans l’expérience individuelle, et ceci sans coercition . Utiliser la systémie de la conscience comme cadre thérapeutique, c’est accompagner le patient vers une harmonisation de son expérience individuelle avec le champ. Cette harmonisation est un « tendre vers ». Elle ne peut jamais être parfaitement achevée. Et surtout, c’est un processus dynamique et non linéaire  : en fonction du contexte et des étapes, la « prochaine marche » peut impliquer une logique presque opposée à la précédente, ou très différenciée du chemin d’une autre personne. Il est à noter que la systémie de la conscience est une approche qui reste utilisable dans un cadre systémique classique : la conscience comme principe structurant peut être remplacée par la matière ou l’information, et le principe téléologique peut être rejeté. L’essentiel de l’approche reste cohérent et opérant, à l’exception de la partie qui concerne le champ nouménal. Il est ainsi possible de distinguer la partie jaune et la partie turquoise du modèle, conformément aux distinctions présentes dans la spirale dynamique .

Téléologie

Doctrine qui considère que les choses se déroulent en vue d’une finalité vers laquelle elles tendent nécessairement. D’une manière générale, il s’agit de postuler que le monde possède une finalité en soi. Cette idée est généralement associée aux grandes religions monothéistes. La téléologie est progressivement tombée en désuétude dans les sociétés modernes depuis les Lumières, car elle servait de justification à des dogmes rigides. Dans le cadre de la Systémie de la Conscience , ce concept est réhabilité, en tant que principe systémique  étendu appliqué à l’univers entier. La téléologie universelle est postulée comme étant la volonté de la Conscience Universelle de se découvrir dans son infinité, dans sa diversité et dans son unité, à travers l’infinité des incarnations possibles, et donc l’infinité des limitations possibles. L’Œuvre Divine représente alors le phénomène de cette diversification et unification malgré les limites de l’incarnation. Même si la croyance en cette finalité première n’est pas directement démontrable et représente donc un saut de foi , elle se base tout de même sur l’expérience empirique des états de bonheur et d’extase chez l’être humain et de ce qui les provoque : il est toujours question de retrouver une unité plus profonde de Soi, de se mettre au service du monde, de réaliser une œuvre très personnelle, d’être reconnu dans toute sa profondeur par autrui, ou bien de vivre une forme de connexion avec quelque chose de plus vaste, connexion durant laquelle on s’oublie soi-même dans l’acte de contemplation. Des actes de perversion, de contrôle ou de cruauté peuvent aussi parfois faire vivre quelque chose qui ressemble à ce type d’extase, mais la sensation n’est pas exactement la même, et surtout, l’acte n’apporte jamais satisfaction sur le long terme. Il s’agit d’un détournement de l’Œuvre Divine, qui devient un vice et une addiction.

La Systémie de la Conscience ne suit aucune doctrine religieuse particulière, même si son auteur a été influencé culturellement par le Christianisme, et ce sentiment de connexion et d’extase relève avant tout d’une expérience intérieure. Personne, peu importe son niveau de maturité ou de développement, ne peut affirmer pour autrui avec certitude ce qui va permettre ou non un tel alignement pour cette personne. L’individu est toujours libre et souverain.

Téléonomie

La téléonomie représente en quelque sorte une adaptation moderne de la notion de téléologie , adaptée aux sciences de la complexité , et construite sur des critères scientifiques falsifiables. Le terme a été conçu notamment, mais pas exclusivement, pour se distinguer des approches téléologiques. La téléonomie décrit le fait que lorsque l’on étudie les systèmes   complexes , ils semblent mus par une force organisatrice qui les pousse vers une finalité. Cette finalité cependant ne doit pas nécessairement advenir (le système peut mourir avant ou rester à un stade embryonnaire), mais elle conditionne les évolutions du système. Par exemple, la chenille tend à devenir un papillon, une étoile tend à devenir une géante rouge, puis une supernova, puis une naine blanche etc… L’évolution des systèmes  est soumise à des attracteurs  et à des principes holarchiques qui dirigent et conditionnent la direction et les étapes de son évolution. Contrairement à la téléologie, la téléonomie n’implique pas une intentionnalité transcendante, mais simplement une émergence « mécanique » de la complexification et de l’organisation, et est avant tout un concept épistémologique, c'est-à-dire que l’on étudie les systèmes « comme si » ils avaient une intentionnalité, dans des objectifs de prévision. La téléonomie peut aussi être vue comme la formalisation d’un potentiel  d’un système.

Transcender

Dépasser entièrement un certain cadre ou une certaine approche de façon méta. Pouvoir penser ce cadre comme un cas particulier d’un phénomène plus vaste. Une approche qui en transcende une autre ne l’inclut pas nécessairement, et deux approches peuvent chacune se transcender l’une l’autre partiellement sur différents aspects, dans certains cas et si aucune n’inclut réellement l’autre. C’est pour cela que dans le modèle de la spirale dynamique , il est précisé qu’un vMEME  plus complexe doit à la fois transcender et inclure les vMEMES précédents.

Transdisciplinaire

À ne pas confondre avec pluridisciplinaire  et interdisciplinaire  ! Une approche transdisciplinaire consiste à tenter de résoudre un problème en intégrant et dépassant les frontières usuelles entre disciplines, entre autres via le regard méta et le repérage d’isomorphismes entre les disciplines. Les isomorphismes sont des structures générales présentes dans chaque discipline. Basarab Nicolescu définit la transdisciplinarité comme étant « ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers les différentes disciplines et au-delà de toute discipline ». Le domaine de la complexité est transdisciplinaire par nature, lorsqu’il est correctement compris, et j’anticipe que lorsque la transdisciplinarité sera une démarche pleinement stabilisée, elle donnera lieu à de nouvelles disciplines, structurées depuis une logique de second ordre . Ce que cela signifie, c’est que là où la disciplinarité usuelle concerne des domaines d’application (maths, psychologie, biologie etc…) ces nouvelles disciplines concerneront des fonctions structurelles (attracteur, émergence, générativité, homéostasie etc…). Les deux ordres logiques pourront alors s’associer (émergence biologique, homéostasie psychique etc…). Les approches transdisciplinaires sont typiquement jaunes en spirale dynamique .

Trialectique

La trialectique englobe de nombreuses démarches intellectuelles et épistémiques visant à sortir d’une façon ou d’une autre des approches binaires et polarisées . La trialectique de Gérard Gigand est la référence principale dans les contenus Méta Doxas, notamment en raison de son degré d’aboutissement, mais il existe d’autres approches sous différents noms et avec différents niveaux de rigueur épistémique : non-dualité, approche ternaire, approche intégrative , tétralemme, logique non-aristotélicienne, logique du tiers inclus, etc… De nombreuses approches systémiques  et complexes  se basent ainsi sur différents ternaires à la fois antagonistes et complémentaires :

— Incomplétude – autoréférence – indétermination

— Tête – corps – cœur

— Contextuel – processuel – structurel

— Ordre – désordre – organisation

— Nature – culture – environnement

— Information – énergie – matière

— Boucle positive – boucle négative – régulation

— Système – environnement – frontière

— Agent – interaction – émergence

Ces grandes catégories obéissent souvent à des méta-principes similaires et pourraient sans doute être généralisées, comme la trialectique de Gérard Gigand tente de le faire, et comme je tente aussi de le faire avec le modèle que je présente dans la vidéo « dualités toxiques » sur ma chaîne.

vMEME

Value attracting meme », ou « meme attracteur de valeur ». Ce concept désigne les différents niveaux de la spirale dynamique . Chaque nouveau vMEME transcende et inclut les vMEME précédents, et perçoit le monde depuis une nouvelle valeur fondamentale et une nouvelle façon d’appréhender ce qui est perçu. Actuellement, huit niveaux sont reconnus par les utilisateurs de la spirale, et un neuvième est spéculatif.

Le niveau beige  a un rapport somatique au monde. Il recherche ce qui est agréable  et évite ce qui est désagréable .

Le niveau violet  a un rapport symbolique  au monde. Il recherche ce qui est conforme et évite ce qui est tabou .

Les niveaux beige et violet  valorisent prioritairement la survie .

Le niveau rouge  a un rapport volontariste  au monde. Il recherche la dominance  et évite d’être dominé .

Le niveau bleu  a un rapport discipliné  au monde. Il recherche ce qui permet de maintenir l’ordre  et évite ce qui rend les choses plus chaotiques .

Les niveaux rouge et bleu  valorisent prioritairement la sécurité .

Le niveau orange  a un rapport compétitif  au monde. Il recherche ce qui est efficace  et évite ce qui est inefficace .

Le niveau vert  a un rapport pluraliste au monde. Il recherche ce qui est inclusif  et évite ce qui provoque de la discrimination .

Les niveaux orange et vert valorisent prioritairement l’autonomie .

Le niveau jaune  a un rapport métacontextuel et intégratif au monde. Il cherche des démarches qui intègrent la complexité  et ** ** évite celles qui sont réductionnistes .

Le niveau turquoise  a un rapport symbiotique  au monde. Il recherche l’harmonisation  et évite d’agir depuis un espace de tension .

Les niveaux jaune et turquoise valorisent prioritairement la synergie .

Le niveau corail est spéculatif. Il est parfois désigné comme le «  chaos master  », ou «  maître du chaos » . À ce jour je n’ai rencontré personne capable de m’apporter des éléments de preuve raisonnables qu’il avait un accès fluide à ce niveau, ou qui puisse m’en faire une description cohérente avec un minimum de détails. Ce serait en théorie le premier niveau à être capable de manipuler des systèmes très vastes et complexes d’une façon à la fois dirigiste et précise, avec un minimum d’efforts et d’itérations, et avec une vision à long terme qui se réalise vraiment la plupart du temps. Certains parlent plus simplement de capacité à percevoir et manipuler les « lignes du temps ». Une personne démontrant un accès à ce niveau devrait pouvoir prouver qu’elle a su annoncer et provoquer des événements de grande ampleur, beaucoup trop précis pour être le fruit du hasard, et ceci dans un environnement très complexe et chaotique.