Qui suis-je ?
Mon histoire est au fond celle de tout le monde. Je suis une conscience qui a été bombardée dans le corps d'un être humain sans explication de ce que j'étais venu faire là, et depuis je m'efforce de comprendre cette réalité dans lequel j'ai atterri, et ma place dans celle-ci. Là où je me distingue, c'est que je n'ai pas réussi à me contenter des récits de mon environnement direct pour me créer ma cohérence, ma sécurité et ma compréhension de l'existence. Ces récits m'ont toujours paru pleins de dogmes et de trous. Je suis donc parti en quête de ma propre cohérence, et de ma propre place. J'ai plus tard appris que les gens dans cette situation étaient souvent nommés « surdoués », « HPI », « zèbres », « atypiques » etc…
Ne trouvant pas satisfaction dans les groupes « ordinaires », je suis allé chercher des réponses chez les rebelles, les bizarres et les alternatifs. Si j'y ai appris beaucoup de choses et y ai fait de nombreuses et belles rencontres, j'ai cependant ou bien été déçu, ou bien été rejeté, ou bien ce que j'y ai trouvé ne m'a satisfait qu'un temps, avant que des limites m'apparaissent encore et que je ressente la nécessité d'explorer de nouveaux horizons. Mais je restais fondamentalement avec la même frustration : je semblais ne pas pouvoir trouver ma place.
À force d'explorer autant d'environnements différents et polarisés, j'ai cependant commencé à percevoir les dynamiques structurelles profondes derrière toute forme de culture et de groupe humain, et je me suis mis à développer mes propres méta-théories sur le sujet. Quelle ne fut pas ma surprise de réaliser que ce que je découvrais avait déjà été formulé et même formalisé par de nombreuses personnes dans différents domaines, en science, en philosophie, en spiritualité, en développement personnel et ainsi de suite !
Il y était question de systémique et d'écosystémique, de pensée intégrative, complexe, de métamodernité, de noosphère ou encore de paradigme informationnel ou relationnel. Dans le méta-modèle « Spiral Dynamics », ces différentes appellations correspondent au méta-système de valeurs représenté par la couleur jaune. Dans cette vision du monde, qu'il s'agit de penser tant à l'échelle individuelle qu'au niveau culturel et organisationnel, les personnes, mais aussi les groupes, sont des structures complexes et intelligentes cherchant à accomplir une raison d'être qui leur est propre. Cette raison d'être prend naturellement la forme d'un service pour un collectif plus grand (famille, société, civilisation, monde de la recherche…) dans un objectif de coopération et de transformation structurelle à plusieurs niveaux. Tout l'enjeu est de comprendre la logique complexe du vivant lui-même afin de trouver sa juste contribution dans cette dynamique en perpétuelle évolution. Ce principe est résumé par le « triple win ». Je gagne, tu gagnes, le système dont nous faisons partie gagne.
Mais pour rendre cette compréhension du monde, encore très nichée et fragmentée, accessible pour de plus en plus de monde, il était nécessaire de faire un travail de synthèse et de pédagogie. Rien ou presque ne m'est venu gratuitement. Je jouais à un jeu dont le but était d'en comprendre les règles, et sans même savoir si elles existaient vraiment. J'ai dû découvrir et expérimenter par moi-même différents pièges et égarements. Je me sens aujourd'hui comme un premier de cordée sur la voie vers ce nouveau monde, cherchant à faciliter la montée pour les suivants. Je suis convaincu que cette voie est à la fois la plus cohérente et la plus respectueuse de chacun, si nous voulons sortir de cette espèce de folie générale qu'au fond tout le monde ou presque constate, mais que nombreux voient encore comme une sorte de fatalité. Il s'agit de sortir des récits pessimistes, nihilistes pour ne pas dire apocalyptiques de notre monde actuel, afin d'apercevoir la lumière au bout du tunnel. Le chemin sera long et semé d'embûches, mais ô combien gratifiant !
Méta Doxas n'est pas tant un métier qu'une mission de vie. C'est la forme qu'a prise mon individuation.
Le travail et l'argent
J'ai deux grands désirs dans la vie : ne jamais avoir à travailler, et ne jamais avoir besoin de gagner de l'argent. Non pas parce que j'aspire à la paresse et à l'assistanat. Ça, c'est l'identité infamante qu'internalisent beaucoup de personnes qui ne parviennent pas à supporter la forme actuelle que prend encore trop souvent la contribution des humains au monde. Non, j'aspire à la contribution, la réalisation vocationnelle, et la reconnaissance des personnes et structures que je peux servir. De fait, notre fonctionnement collectif actuel est ainsi fait que cela tend à passer par l'argent. Mais l'argent crée de nombreux effets pervers. Notamment, il crée un « framing mental », où toute contribution est pensée comme intéressée et toute aide doit recevoir sa « juste rétribution », pas plus, pas moins. Dans ce paradigme économique, ceux qui sont le plus aidés ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin, mais ceux qui ont le plus de moyens. Au-delà de la question éthique, les implications sont aussi spirituelles, car cela crée un "mindset" de survie dirigé par des stratégies opportunistes. Et pour ce qui est du niveau systémique, ça limite la possibilité de créer des systèmes de contribution complexes et non-linéaires, si tout est limité par le principe de réciprocité monétaire directe.
Ce que l'on appelle le travail, et qui est en réalité la contribution à la collectivité, est ainsi pensé comme une contrainte nécessaire à la survie. Il est souvent effectué sans réelle joie, et avec une vision centrée sur les intérêts personnels immédiats, comme recevoir sa paye à la fin du mois. Ça devrait être le domaine de réalisation le plus privilégié de tout être humain, et ça l'est parfois, mais bien souvent, c'est avant tout une activité aliénante, à la fois pour le travailleur et les clients. Pour donner un seul bon exemple, mais l'on pourrait en donner des dizaines : si je veux maximiser mes revenus, j'ai tout intérêt à vous convaincre, vous qui lisez ces lignes, que vous avez absolument besoin de mes services, et que vous en aurez besoin le plus longtemps possible. Celui qui règle le problème de ses clients les perd. C'est à relativiser en fonction des secteurs et des approches, mais comprenez bien que structurellement, ça favorise une relation viciée d'emblée. Et le vice n'est fondamentalement ni chez le prestataire ni chez le client, il est dans le système, et son influence peut se faire sentir, quoique de façon plus modérée, même si chacun est de parfaitement bonne volonté. Or, j'ai envie de me rendre utile, mais je ne souhaite pas générer des désirs artificiels ou devenir indispensable, car alors il ne s'agit plus de rendre service, mais simplement de capter une énergie à son profit. Et ça, c'est ce que le marketing tend à devenir, lorsque le seul indicateur de réussite est un chiffre de recettes financières.
C'est pourquoi, si mes services sont bien payants, je propose souvent des prix modulables, et j'aurai toujours à cœur de rendre service aux personnes qui en ont vraiment le plus besoin, même si elles n'ont pas forcément les moyens de me payer autant que ce que l'on pourrait estimer que mon travail vaut réellement. Et il ne s'agit pas uniquement d'un acte de bienveillance et de générosité désintéressée : j'estime que lorsque l'on contribue vraiment, on est toujours récompensé, que ce soit financièrement ou autrement. Ces contributions non financières peuvent inclure des services, des invitations dans des lieux, de la promotion auprès de votre cercle social, de la mise en contact avec des réseaux qui peuvent m'être utiles et ainsi de suite. Le mental seul sera toujours réducteur sur ces sujets, de toute façon, car il n'est pas capable de prévoir les phénomènes d'émergence. D'une façon ou d'une autre, ce que j'observe, c'est que lorsque chacun est aligné et de bonne volonté, la contribution se fait.
Mes besoins
Je ne suis ni très dépensier, ni attiré par le luxe. Je souhaite avoir de quoi me nourrir de façon saine, me loger, me payer des activités (course à pied, apnée, théâtre peut-être, rien de très cher pour le moment), pouvoir voyager de temps en temps, et surtout, je veux pouvoir élever mes futurs enfants sans qu'ils vivent dans le manque, et leur payer du matériel éducatif, des activités épanouissantes et une scolarité alternative privée si ça me semble nécessaire.
Si je devais gagner une somme d'argent importante avec mes activités, je pense que je m'en servirais pour investir dans de la formation, des séminaires, des retraites peut-être, et surtout pour pouvoir financer des projets passion, si je juge que c'est plus simple que de passer par des systèmes de financement. Ça pourrait aussi me permettre de moduler plus facilement mes prix sans m'inquiéter. Je pourrais, enfin, contribuer financièrement à des réseaux pionniers, mais en difficulté financière, pour favoriser la transition civilisationnelle qui arrive. Bref, ça pourrait servir des objectifs de « scaling », personnels ou collectifs, non pas par volonté d'avoir toujours plus, mais simplement pour pouvoir augmenter l'impact de ma contribution au monde.
